Les troupeaux d'éléphants sont toujours dirigés par une femelle
Par Pierre Chauveau, jeudi 21 juin 2007 à 21:26 :: Débats d'actualité :: #556 :: rss
Après les législatives, Ségolène Royal revient sur le devant de la scène, bien décidée à ne pas se laisser enfoncer par ses « amis » du parti socialiste qui essayent de l'évincer du projet de réforme du Parti et surtout de la place de Premier secrétaire. Après sa séparation officielle de François Hollande dimanche soir, Ségolène Royal entre dans une nouvelle campagne, tout aussi périlleuse, celle de la conquête du poste de chef de file de l'opposition.
Invitée mercredi soir de l'émission "Question d'Info" sur La Chaine Parlementaire, elle a tenu un discours offensif et engagé contre le gouvernement et ses premières mesures. Mais l'ex-candidate à la présidentielle a surtout lancé des piques contre son propre camp. Revenant sur son échec, elle a pointé du doigt certaines mesures du "pacte présidentiel".
Elle a remis en cause certaines mesures qui figuraient dans son programme et dont elle n'était pas convaincue. Elle a pris pour exemple "le Smic à 1500 euros brut" et "la généralisation des 35 heures". "Moi-même, je ne trouvais pas ces mesures crédibles", a-t-elle martelé. Ces propositions, à l'origine de Laurent Fabius, ne pouvaient, selon elle, trouver un écho favorable dans la population française. Elle a avoué ne pas avoir eu assez de temps pour convaincre sur ses propres propositions. La petite musique de Ségolène Royal semble donc se transformer en grand fracas pour le PS.
L'ex-candidate à l'Elysée tente de se démarquer le plus possible de ses concurrents socialistes en vue du poste de Premier secrétaire du PS, non seulement en se désolidarisant du "pacte présidentiel" mais aussi en engageant une ouverture au Centre. "J'ai une vision qu'il faut dialoguer avec le centre-gauche", a-t-elle indiqué. Cette ouverture n'est pas sans aller contre Laurent Fabius, désormais ancré à l'aile gauche du PS. Reste que le calendrier proposé par François Hollande lui impose de patienter à l'automne 2008 pour briguer la place de son ex-compagnon. Elle estime à ce sujet "qu'il aurait été meilleur" pour les militants "d'aller plus vite (...) afin qu'ils soient le plus rapidement possible appelés à trancher une ligne politique." Il est en effet essentiel pour elle "d'avoir une clarification du projet politique" pour que le Parti socialiste rayonne et attire à nouveau.
Ségolène Royal prend le parti de la politique du pire. On ne construit jamais rien sur des ruines, avec pour principale méthode l'humiliation. Source : JDD
" On passe souvent de l'amour à l'ambition, mais on ne revient guère de l'ambition à l'amour. " François de La Rochefoucauld.
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