Si l’on se fie au sondage CSA-Cisco, publié mardi 19 juin dans Le Parisien, 65 % des électeurs qui ont voté au deuxième tour des législatives étaient opposés à la TVA sociale. Une proportion qui grimpe à 78 % chez les électeurs qui avaient voté au premier tour pour un candidat du MoDem. « La vague bleue s’est brisée sur la digue de la TVA sociale »

D’autre part, les déclarations d’abstention ont doublé entre les deux tours chez les sympathisants de droite, ce qui n’a pas été le cas à gauche, où elles diminuent légèrement. En revanche, on a constaté que l’abstention diminuait fortement dans les catégories populaires, puisqu’elle passe de 36 % à 24 % alors qu’elle progresse chez les professions libérales et les cadres supérieurs de 13 à 18 % et qu’elle double chez les artisans et commerçants. On peut donc penser qu’il y a eu un phénomène de remobilisation des catégories populaires sur le thème sensible du pouvoir d’achat qui s’est combiné à un phénomène purement politique de moindre mobilisation de l’électorat de droite.

L’autre enseignement de ce scrutin : les candidats de gauche auraient bénéficié d’un excellent report de voix des électeurs du nouveau parti de François Bayrou.

55 % d’entre eux auraient voté pour un candidat de gauche, contre 28 % pour un candidat de droite, tandis que 17 % se sont abstenus, révèle l’enquête par CSA.

« C’est à mon sens l’élément premier qui fait que de nombreuses circonscriptions ont résisté ou basculé à gauche », indique Stéphane Rozès. « C’est le cas notamment dans celle d’Alain Juppé à Bordeaux, où le candidat du MoDem avait obtenu 8 % des suffrages. Si l’on y ajoute l’élément plus conjoncturel de la TVA sociale, on comprend mieux le scrutin. »

Ce vote constitue un révélateur de l’évolution de l’électorat de François Bayrou. Composé à parts égales d’électeurs de droite et de gauche à la présidentielle.
Après avoir perdu au premier tour des législatives les électeurs traditionnels de l’UDF qui se situaient au centre droit et une partie de son électorat de gauche rejoignant le PS. Les 8% restants auraient nettement fait le choix de la gauche au second tour. Ce qui tendrait à légitimer la stratégie de Ségolène Royal de la main tendue en direction de François Bayrou.


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