A chaque foyer, son pouvoir d’achat effectif
Par Pierre Chauveau, samedi 9 juin 2007 à 17:43 :: Débats d'actualité :: #540 :: rss
Le pouvoir d'achat des ménages devrait augmenter de 1,4% en 2007 alors qu’il est resté stable entre 2003 et 2006. C’est tout au moins ce que pense Michel Edouard Leclerc qui se pose en chantre de la défense du consommateur. Il vient de lancer mon-pouvoir-dachat.com, un site Internet permettant de mesurer l'évolution de ce qu'il appelle "le pouvoir d'achat effectif". Cet indice intègre la notion de charges contraintes, c'est-à-dire des dépenses de logement, assurances, transport... et tient compte de la composition de chaque ménage. L'Insee prend en compte le solde entre les revenus et les impôts.
Selon l’Insee, il a augmenté de 2,7 % en 2006 contre 0,4 % pour l'indice Leclerc Bipe. Pour 2007, ce dernier l'évalue à 1,4 % alors que l'Insee projette 2,3 %. De quoi renforcer le sentiment des consommateurs d'une stagnation du pouvoir d'achat. Un sentiment partagé par 68 % des Français selon un sondage TNS-Sofres, en octobre 2006. Leclerc se défend bien sûr de vouloir "contester les chiffres de l'Insee", il veut "donner une autre vision de l'évolution du pouvoir d'achat par catégorie". Surfant sur les propos de Nicolas Sarkozy : Leclerc affirme toutefois être "plus représentatif" car selon lui, il existe un vrai décalage entre la perception qu'a le consommateur de son pouvoir d'achat et le discours macroéconomique.
"Notre définition est la plus complète d'un point de vue macro-économique, c'est pourquoi elle a fini par faire consensus au niveau international", souligne Fabrice Lenglart, responsable des comptes nationaux à l'Insee. Toutefois, l'Insee a pris conscience du décalage existant entre son calcul et la perception des ménages. "Il faut voir la réalité en face. L'Insee affirme que le pouvoir d'achat augmente, les gens et les politiques disent non, alors on s'est interrogé", concède Fabrice Lenglart.
Le 19 juin, lors de la parution de son gros pavé sur L'Economie française, un des dossiers sera consacré au pouvoir d'achat et justement à cette différence de perception. L'institut devrait saisir cette occasion pour se prononcer sur cette notion de dépenses contraintes qu'il a jusqu'à présent ignorée.
Selon Leclerc Bipe, un couple d'inactifs sans enfant, propriétaire a vu son pouvoir d’achat effectif augmenté de 9,4% entre 2000 et 2006. Alors qu’un couple avec enfant(s) avec deux personnes actives, accédant à la propriété a vu son pouvoir d’achat croître de seulement 2,2% sur la même période.
Michel Edouard Leclerc en profite avec ce nouveau site pour promouvoir quiestlemoinscher.com, qui établit des différences de prix entre les Centres Leclerc et la concurrence. Une fois le calcul du pouvoir d'achat effectué, le consommateur obtient en effet un petit conseil. Exemple : "Si vous réduisez le budget de votre alimentation de 5 % par an, vous disposez d'un revenu supplémentaire de 300 euros." Il suffit alors de cliquer sur quiestlemoinscher.com pour aller comparer les prix quand c'est possible...
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