L’engagement écologiste du gouvernement
Par Pierre Chauveau, mardi 29 mai 2007 à 00:24 :: Environnement :: #528 :: rss
Alain Juppé a annoncé vendredi un possible moratoire sur le maïs transgénique MON810 (de l'américain Monsanto), comme l'a fait l'Allemagne, il y a quelques semaines, en raison de risques avérés par les experts.
En Europe depuis 1998, l’Autriche avait interdit le MON810, suivie par la Grèce, l’Italie, la Suisse, la Hongrie et la Pologne.
Le MON810 vise à protéger les cultures de la pyrale du maïs, un papillon dont les larves se nourrissent de l'intérieur des tiges de la plante. «On vient de découvrir que la sécrétion de la toxine censée tuer l'insecte se passe dans des conditions qui ne sont pas celles qu'on attendait. Dans ce cas précis, il faut s'inspirer du cas allemand » a développé Alain Juppé dans le Parisien de jeudi 25 mai.
Les producteurs de maïs ne l'entendent, pas ainsi, tout comme la ministre de l'Agriculture, Christine Lagarde. «Il faut se donner le temps de la réflexion avant une décision». Pour le président de l'Association générale des producteurs de maïs, «on n'est plus dans la rationalité, c'est une affaire politique ; la rationalité devrait au contraire permettre d'accélérer le mouvement en faveur des OGM, car l'Europe va perdre sa compétitivité vis-à-vis des Etats-Unis».
En revanche, la Coordination Rurale apporte son soutien à Alain Juppé et « lui demande de faire preuve de courage et de ténacité à l’instar de la décision qu’il avait prise en février 1997, en liaison avec Corinne Lepage, de ne pas autoriser la culture d’un premier maïs OGM en France. »
Pour Arnaud Apoteker de Greenpeace France, " si on écoute madame Lagarde, il est urgent d’attendre en matière de moratoire. Voilà des propos qui ressemblent à s’y méprendre à ceux tenus par le lobby des semenciers et des maïsiculteurs pro-OGM".
En France, environ 30.000 hectares de maïs MON810 sont cultivés, selon les déclarations de semenciers recoupées par les ONG. Alors que la saison des semis bat son plein, le ministre de l'Ecologie indique maintenant qu'il ne souhaite pas agir dans l'urgence. «Il faut empêcher les agriculteurs qui ne l'ont pas encore fait de semer et trouver vite un moyen d'indemniser les autres», a-t-il noté.
Pour Greenpeace, cette affaire «fait figure de premier test de l'engagement écologiste du gouvernement». Une manière de faire oublier le piteux 8,5/20 que l'Alliance pour la planète avait chichement octroyé à Nicolas Sarkozy pour son programme écologique.
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Commentaires
1. Le dimanche 3 juin 2007 à 08:18, par BCT
2. Le dimanche 3 juin 2007 à 11:40, par Pierre Chauveau
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