"Ce sera peut-être la transformation du RMI en quelque chose, ce sera certainement ce que l'on a déjà discuté beaucoup avec les syndicats avec les associations", a-t-il dit sur RTL. "Le RMI a été constitué dans un certain contexte et aujourd'hui il est totalement dépassé. Il enferme les personnes dans des situations d'exclusion du monde du travail et il les maintient dans la pauvreté", a-t-il précisé.

"Donc, il faut savoir conjuguer les deux, c'est pour ça que j'ai tenu à avoir ce mot de `solidarité active' dans mes fonctions, d'avoir quelque chose dans lequel on rassemble ces deux mêmes idées, on peut avoir besoin de continuer à être soutenu quand on reprend du travail", a-t-il ajouté.

Pour Martin Hirsch, "qu'on soit de droite ou de gauche, je pense qu'on est convaincu qu'on ne peut plus garder un système dans lequel travailler maintient pauvre, ou bien dans lequel on est exclu du monde de l'emploi, du monde du travail parce que l'on considère que les exigences du travail sont trop fortes pour des millions de personnes."

Proposé par Martin Hirsch dans un rapport en 2005, le revenu de solidarité active (RSA) permet de cumuler un salaire et des transferts sociaux. Avec la garantie que toute heure travaillée signifie un gain de revenu. Il vise à favoriser le retour à l'emploi des titulaires de minima sociaux qui souvent voient leurs revenus diminuer lorsqu'ils recommencent à travailler. Une douzaine de départements à ce jour se sont engagés dans une expérimentation de ce dispositif, en ne l'appliquant qu'aux seuls Rmistes. Le revenu de solidarité active concernerait en revanche tous les allocataires de minima sociaux.

Martin Hirsch défend depuis cette idée au sein de l'association créée fin 2005 et qu'il préside, l'Agence nouvelle de solidarité active, dont l'objet est d'expérimenter localement, en collaboration avec les pouvoirs publics et les entreprises, de nouvelles méthodes de lutte contre l'exclusion, avec l'objectif de les appliquer à l'échelle nationale si elles fonctionnent.

Néanmoins, quel que soit le gouvernement avec lequel il travaille, Martin Hirsch n'en garde pas moins sa liberté de parole. En octobre 2005, il avait ainsi annoncé qu'il suspendait sa participation au Conseil national de lutte contre la pauvreté et l'exclusion, placé sous l'égide de Matignon. Le président d'Emmaüs protestait contre le non respect d'un engagement financier de l'Etat vis-à-vis d'une entreprise d'insertion de l'association caritative. Martin Hirsch entend donc bien obtenir des résultats, et ne se contentera visiblement pas de déclarations incantatoires.

"Demain, on va héberger gratis", avait-il ainsi ironisé en décembre 2006, après la promesse de Nicolas Sarkozy que "plus personne ne serait obligé de dormir sur le trottoir" d'ici à deux ans s'il était élu président.

Si on veut attendre cet objectif, avait-il dit, il faut surtout "remettre la pauvreté (...) au même niveau de discussion que les grandes négociations sociales" autour du salaire, du pouvoir d'achat ou des conditions de travail.

Martin Hirsch n’est « ni dupe ni naïf », il prend un risque, mais au moins il sera dans l'action. C'est tellement pratique de critiquer avant même de connaître le résultat de ce nouvel engagement. En attendant, saluons son courage ! Source : Reuters

Le Monde : Martin Hirsch : "Je ne suis ni dupe ni naïf"


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