En revanche, les contraintes quant à l’organisation d’un tel débat sont légion.

Les enseignements de la confrontation ratée, avant le premier tour de la présidentielle, doivent être revues afin d’éviter un nouvel échec. Au final, l’erreur la plus importante fut certainement celle, de François Bayrou, d’avoir lancé, en conférence de presse, l’idée d’un débat réservé aux quatre principaux candidats, cela sur Internet “pour contourner les règles du CSA”. Une erreur de formulation et de projet, de ne parler que des quatre même si cela devait permettre de clarifier les échanges et d’éviter la confusion. Ceux qui réclamaient un débat à douze, à la fois pour défendre le pluralisme, et parce que c’était le seul possible à organiser, ont été dédaignés.

Ce débat ne pouvait pas avoir lieu, car Nicolas Sarkozy, qui avait tout à perdre, l’a refusé, en arguant du principe de l’équité nécessaire entre tous les candidats, les douze. Internet ne pouvant aider à contourner ce principe.

Le comble, c’est que Sarkozy passait pour le défenseur du pluralisme, et Bayrou pour le défenseur des petites magouilles entre gens du système, alors que les Français réclamaient majoritairement une confrontation entre les principaux candidats.

Les règles du CSA s’appliquent à partir d’aujourd’hui

Pour les élections législatives des 10 et 17 juin, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a fait part le 11 mai de ses recommandations aux radios et télévisions.

Elles entrent en application dès le 21 mai, d'après un texte publié sur son site Internet.

  • Dans une circonscription électorale déterminée, télévisions et radios doivent veiller à ce que les candidats et les personnes les soutenant bénéficient d'une présentation et d'un accès équitables à l'antenne et doivent rendre compte de toutes les candidatures.
  • Lorsque le traitement des élections dépasse le cadre d'une circonscription, elles doivent veiller à ce que les partis et groupements présentant des candidats bénéficient d'une présentation et d'un accès équitables à l'antenne.
  • Les comptes rendus, commentaires et présentations auxquels donnent lieu les élections doivent être exposés avec un souci constant de mesure et d'honnêteté.

Concrètement, un tel débat doit inclure les onze candidats de la première circonscription ou les représentants de tous les partis en présence si on souhaite le mener au niveau du département, avant le premier tour.

Une autre formule consisterait à organiser un débat entre les deux tours, à deux ou à trois triangulaire oblige…

Quelque soit la formule retenue, ayant obtenu l’accord des candidats, il faut très vite rechercher un média indépendant acceptant de le diffuser, des moyens de production vidéo et des interviewers professionnels, tout cela peut prendre encore un peu de temps...

En revanche, pour une fois, les intérêts des médias, des candidats et des citoyens sont convergents, quant à l’organisation d’un tel débat. En effet, si un organisateur parvient à obtenir l’accord des postulants, cette réussite contribuera à améliorer sa notoriété. Pour les quatre prétendants à la triangulaire, dans la première circonscription, une explication claire des enjeux de cette élection pourrait les aider dans leur démarche auprès des électeurs. Pour ceux que l’on appelle « les petits candidats », cette tribune serait l’occasion de faire partager leur projet. Enfin, les citoyens pourraient se réjouir de cette initiative et se prononcer sereinement en pleine connaissance de cause.


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