La première associera les organisations non gouvernementales (ONG) de l’environnement : la Fondation Nicolas Hulot, le WWF, Greenpeace, Les amis de la terre, la Ligue de protection des oiseaux, la Ligue ROC pour la préservation de la Faune sauvage, le Réseau action climat, France nature environnement et Ecologie sans frontière. La seconde réunira des experts spécialistes d’écologie et de développement durable. La "feuille de route" d’ Alain Juppé sera ainsi tracée.

"Nous allons nous mettre au travail tout l’été et, en septembre ou octobre, nous tiendrons cette grande conférence dont l’objectif ne va pas être de faire une nouvelle fois un tour d’horizon des urgences environnementales, parce qu’elles sont connues, mais au contraire d’essayer de sélectionner des programmes d’action, avec des actions concrètes réalisables dans les deux ou trois ans qui viennent".

"Il ne s'agira pas d'une énième conférence sur l'environnement mais d'arrêter un choix d'objectifs précis et d'actions concrètes à mettre en œuvre", a précisé Alain Juppé.

A ses yeux, "la priorité des priorités est de faire en sorte que les transports émettent moins de gaz à effet de serre si nous voulons gagner la bataille contre le réchauffement climatique".

Pour cela, une "culture nouvelle" va devoir être menée, qui favorise beaucoup plus qu’aujourd’hui le fret ferroviaire mais aussi les transports maritimes et fluviaux, ainsi que les transports en commun dans agglomérations.

"Bref, il y a toute une politique de changement de comportement à mettre en oeuvre et cela impliquera effectivement, là aussi, que l’administration ait une vision différente des choses", a-t-il poursuivi.

Quant au nucléaire, "il faudra avoir sur ce sujet un dialogue tout à fait clair et franc avec les écologistes, qui d'ailleurs ont des avis contrastés sur cette question", préconise l'ancien Premier ministre, tout en estimant que, "dans les trois-quatre décennies qui sont devant nous, nous ne pourrons nous passer de l'énergie électronucléaire".

Alain Juppé juge cependant que "cela ne nous dispense pas d'être très audacieux en matière d'énergies renouvelables" et dit attacher "beaucoup d'importance à l'efficacité énergétique et aux économies d'énergie".

Lors de la passation de pouvoirs avec Nelly Olin, vendredi après-midi, Alain Juppé a indiqué aux personnels, que le ministère serait organisé autour de quatre "pôles opérationnels" :

  • les transports et les déplacements, secteur fort émetteur de CO2
  • l’habitat, l’aménagement urbain et l’aménagement du territoire, secteurs également importants pour le changement climatique
  • les politiques énergétiques
  • l’écologie dans ses problématiques plus traditionnelles : biodiversité, eau, etc.

Enfin, il a précisé que le ministère interviendrait dans l’évaluation environnementale des politiques publiques, et a souligné l’importance de ses dimensions européenne et internationale.

Au cours de sa longue carrière politique, Alain Juppé ne s'est jamais démarqué en mettant en avant une quelconque sensibilité environnementale. Néanmoins, dans son dernier livre, "France, mon pays - Lettres d'un voyageur", il déclare avoir pris conscience lors de son séjour au Canada de la nécessité d'agir pour sauver la planète. Après un an d’inéligibilité et 14 mois de prison avec sursis, Alain Juppé constitue un exemple de réinsertion réussie...
Aujourd'hui, le poste auquel il accède lui permet de joindre les actes aux paroles, en lui donnant des pouvoirs qu'aucun ministre de l'écologie n'a obtenus précédemment.


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