Compétitivité, la France passe du 30e au 28e rang
Par Pierre Chauveau, mercredi 16 mai 2007 à 00:47 :: Débats d'actualité :: #506 :: rss
Les Etats-Unis, selon le classement annuel publié, le 10 mai, par l'Institute for Management Development (IMD) de Lausanne, restent cette année encore le pays le plus compétitif au niveau de la planète.
La France remonte de deux places dans le palmarès passant de la 30e à la 28e place sur les 55 pays analysés. Paralysée par sa faible croissance et son fort taux de chômage, le retard par rapport aux Etats-Unis s'est encore creusé en 2007.
Une quinzaine de pays dont la France continuent à perdrent du terrain par rapport au leader : l'Italie, la Turquie, le Mexique, l'Indonésie, le Brésil, l'Argentine, entre autres.
En revanche, plusieurs pays émergents comblent leur retard. C'est le cas de la Russie, de la Slovaquie, de l'Estonie, de la Chine et de l'Inde. A noter la remontée spectaculaire de l'Allemagne qui passe ainsi du 25e au 16e rang.
Les classements annuels de l'IMD se fondent sur 323 indicateurs répartis en quatre groupes : la politique économique (79 indices), l'efficacité de l'administration de l'Etat (72), l'efficacité des affaires (71), la qualité de l'infrastructure (101). Les groupes sont divisés en sous-groupes : par exemple, l'efficacité de l'administration de l'Etat est évaluée par l'état des finances publiques, la politique fiscale et la structure institutionnelle.
L'IMD prend 127 indicateurs dans les statistiques nationales des Etats, ces indicateurs constituent les 2/3 de toutes les données. Les autres 196 indicateurs proviennent de sondages réalisés parmi les représentants des milieux d'affaires. Au total, 3700 personnes ont été interrogées. Or il apparaît que la perception que les patrons étrangers ont de l'hexagone pénalise le pays alors que les critères objectifs devraient en donner une meilleure image.
La France devra répondre à cinq points noirs pour réduire le fossé qui la sépare des Etats-Unis, en matière de compétitivité : attirer plus de talents, simplifier la fiscalité et assouplir le marché du travail, investir davantage en recherche et développement, développer les pôles de compétitivité et améliorer son image à l'étranger.
Le rapport salue cependant l'amélioration de l'attractivité du pays, qui a su attirer davantage d'investissements étrangers, mais dans le même temps, l'étude révèle qu'il y a un accroissement du protectionnisme, nuisible à une bonne conduite des affaires.
Par ailleurs, elle mentionne la meilleure appréciation des problèmes économiques par les politiques. Ce qui n'empêche pas l'enquête de juger la législation qui encadre la recherche scientifique, ou la création d'entreprises, plus durement encore qu'en 2006.
L'accroissement des investissements français à l'étranger est salué. Mais la dégradation du déficit de la balance des paiements ramenée au PIB pénalise le pays.
La perte de crédibilité des dirigeants dans l'opinion publique et la façon dont les conseils d'administration jouent effectivement leur rôle dans les entreprises sont aussi relevés comme des points négatifs.
L’Agence Française pour les Investissements Internationaux (AFII) qualifiait le rapport de l'IMD comme étant "l'une des bases de comparaison internationale les plus complètes disponibles sur le marché des études généralistes". Aujourd’hui, Philippe Favre, son président, regrette que "ce classement ne traduise pas la réalité de notre attractivité" ?
Le nouveau Président, Nicolas Sarkozy, devra s’atteler au plus vite à ce chantier délaissé depuis des années par les gouvernements successifs.
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