Lundi, ce sont les ministres des Finances de la zone euro qui ont demandé à Nicolas Sarkozy de respecter ses obligations sur l’indépendance de la Banque centrale européenne. On se souvient que le candidat de l’UMP, durant sa campagne, avait reproché à la BCE de faire grimper l’euro contre l’intérêt de notre économie !

Simultanément, la Commission européenne a rappelé au nouveau président les impératifs du pacte de stabilité ainsi que la nécessité de revenir à l’équilibre des finances publiques. On n’a pas oublié que durant sa campagne, Nicolas Sarkozy avait pourtant annoncé qu’il demanderait une réforme de la gouvernance économique de l’Europe !

Parallèlement, c’est le président de la Commission européenne qui a prié Nicolas Sarkozy de ne pas se jeter sur le dossier turc et lui a rappelé que l’Union européenne négociait avec Ankara sur la base d’un mandat qui avait été décidé à l’unanimité des Etats membres. Durant la campagne, Nicolas Sarkozy s’est clairement prononcé cependant contre l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne !

Mardi, c’est le président de la Commission constitutionnelle du parlement européen, Jo Leine, qui a estimé que le « mini traité européen » que Nicolas Sarkozy propose de substituer au projet de traité constitutionnel était inacceptable. Une telle régression a-t-il déclaré serait un manque de respect vis-à-vis des dix-huit pays qui ont ratifié cette constitution. Nicolas Sarkozy, pourtant, n’a eu de cesse, ces derniers mois de présenter ce traité simplifié comme une avancée et le moyen qui permettrait de résoudre la crise institutionnelle européenne engendrée par les « Non » français et néerlandais !

En somme, les quatre axes avancés par Nicolas Sarkozy lors du discours sur l’Union européenne prononcé le 8 septembre pour définir ce que serait sa politique européenne – Refus de l’entrée de la Turquie, mini traité institutionnel, souplesse budgétaire et gestion de l’euro moins rigide sont tous contestés par Bruxelles et par de nombreux dirigeants européens.

Dans son discours de dimanche, Nicolas Sarkozy soulignait vouloir en priorité s’attaquer aux dossiers européens. Il n’est pas au bout de ses peines. Promettre est commode, mais agir et obtenir sera, semble-t-il, beaucoup plus difficile…

Si l’on ajoute la réduction de la TVA sur la restauration promise par Jacques Chirac en 2002 et reprise par Nicolas Sarkozy en 2007, jamais réalisée parce que se heurtant au refus de nos partenaires européens, on en oublierait presque que le 9 mai était la journée de l’Europe !

Heureusement, les médias français n’ont pas relayé l’information…


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