La lutte contre l'insécurité n'arrive qu'en cinquième position (21%), en net repli par rapport à il y a cinq ans (43%). Vient ensuite la préservation du système des retraites (19%, -2) et la réduction des impôts et des charges (16%, +3).

Les Français se déclarent plus inquiets qu'en mars 2002 pour l'évolution de leur niveau de vie: 21% contre 26% estiment qu'il va augmenter, 43% contre 26% qu'il va diminuer et 34% contre 47% qu'il va rester stable.

La polémique concernant le retard de la publication des chiffres du chômage en France a alimenté le débat depuis le début de cette année. « A partir des mêmes données que l’Insee, Eurostat a estimé qu'il pouvait publier une estimation. Son taux de chômage est plus élevé de 0,4 % (8,8 % au lieu de 8,4 %). Le bas niveau actuel ne serait donc pas si bas. D'autant plus que l'institut de Luxembourg n'ayant pas tout à fait les mêmes modes de calcul que son cousin parisien, il estime que le chômage était descendu à 8,3 % à l'été 2001 et non à 8,6 %. Autrement dit, Eurostat affirme que le chômage a grimpé de 0,5 % depuis la dernière embellie alors que l'Insee le voit en baisse de 0,2 % », relève Les Echos le 16 avril. Au-delà des chiffres qui n’ont pas évolués pendant toute la durée du quinquennat, la position de la France, en matière de chômage, reste très préoccupante. En effet, elle arbore la 25ème place dans l’Europe des 27.

En revanche, si le taux de croissance s’établissait durablement à 2,5% dans les 5 ans qui viennent, le taux de chômage retomberait à 6% à la fin du mandat présidentiel, ce serait donc une chance pour le président qui sera élu !
Mais, une telle croissance demeure très hypothétique et implique la mise en oeuvre de mesures structurelles pour y parvenir : la remise à niveau de l'université, la libéralisation des services conjointe avec la libéralisation du marché du travail. Nous sommes dans un modèle économique de l'innovation qui conduit inévitablement à choisir une politique de l'offre.

Le risque de dégradation du climat social, engendré par de telles mesures, constitue un écueil qu’il ne faut pas négliger. La méthode Juppé en 1995 et le passage en force du CPE en 2006 ont notoirement échoués. Pour réformer, sans réduire la confiance entre les partenaires sociaux il convient bien de changer de méthode. L’approche « Nordique » de la réforme, qui consiste à ce que l’Etat s’interpose comme médiateur, entre les acteurs sociaux semble plus appropriée. Maintenant, si ce choix devait être retenu, faudrait-il encore concilier l’idée de compensation avec les contraintes financières imposées par l’engagement, à la fois de ne pas augmenter notre dette publique et de ne pas augmenter le volume total des prélèvements.

Pas si simple, mais c’est le prix à payer pour parvenir à réduire le chômage et continuer à améliorer notre système de santé et de protection sociale tout en rénovant notre système éducatif. La réduction du chômage, en changeant les rapports de forces entre les salariés et les entreprises, permettrait de relancer la dynamique salariale et donc le pouvoir d’achat. Mais la France reste caractérisée par un très faible taux de syndicalisation (le plus faible du monde), qui ne permet pas d'envisager qu'une négociation salariale puisse être conduite efficacement à l'échelon interprofessionnel, ou même au niveau des branches.
L’écologie, porteuse de 300.000 emplois à forte valeur ajoutée non dé localisables, peut s’inscrire dans les objectifs de la nouvelle gouvernance et répondre aux attentes des Français, tout en protégeant l'économie et le climat.

Les Français ne s’y trompent pas, ce sont bien les l’enjeux de cette présidentielle…
En ce qui concerne la méthode, "il faut passer du temps de la division au temps du rassemblement", "c'est le peuple qui est le patron" et il va "s'offrir une démocratie renouvelée avec quelqu'un qui, par goût et par nature, est un rassembleur". Qui pourrait incarner cette responsabilité ?

Olivier BESANCENOT

Marie-George BUFFET

Gérard SCHIVARDI

François BAYROU

José BOVÉ

Dominique VOYNET

Philippe de VILLIERS

Ségolène ROYAL

Frédéric NIHOUS

Jean-Marie LE PEN

Arlette LAGUILLER

Nicolas SARKOZY

Le Figaro : Les chiffres du chômage contestés de l’intérieur


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