Dans cette opération Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal apparaissent comme les grands « perdants », alors que François Bayrou peut fanfaronner en annonçant que « le changement est en marche » et donner ainsi toute sa crédibilité à son idée de rassemblement :

« C’est une grande nouvelle, cela prouve que mon projet de faire travailler des hommes et des femmes venant de gauche, du centre, de droite, des écologistes est désormais possible, à portée de main…Le paysage politique est désormais très différent et très encourageant pour l’idée que je me fais de la France ». « Une nouvelle majorité est possible, avec des représentants d'un PS ouvert et constructif et de la droite républicaine ».

Le 22 avril se jouera le destin du PS, qui succombe aux échecs répétés des élections de 2002 et 2005 et à la médiocre synthèse du Congrès du Mans qui n’était pas parvenue à réconcilier les partisans du « oui » et du « non » au référendum. Le Mans a raté son rendez vous avec l'histoire, la gauche a voulu continuer les perfusions...

Pour Bernard Kouchner, "il vaut mieux admettre le désaccord plutôt que de mentir sur une fausse synthèse" et "infliger (à la France) des faux-semblants". Il plaidait déjà, il y a deux ans, pour une gauche "novatrice, réaliste et courageuse", il n’excluait pas de travailler sur certains sujets avec François Bayrou, étant prêt aussi à "discuter avec les gens du non", pour trouver "des majorités pour des réformes vives". "J'aime autant discuter avec les militants centristes qu'avec ceux d'Attac", lançait-il. Source : Le Figaro du 23 août 2005.

Dans le Journal du dimanche, Ségolène Royal revient sur l'appel lancé par Michel Rocard à une alliance PS-UDF avant le premier tour. « Il a le mérite de la constance», dit-elle de l'ancien premier ministre socialiste. « Depuis des années, il veut faire venir le centre, par des alliances de personnes, vers les socialistes ». Elle a été encore plus directe dimanche : "J'avoue qu'on ne m'aura pas épargné grand chose dans mon camp", a-t-elle déclaré. Quant à François Hollande, il a affirmé qu'il n'était pas assuré de la présence de Ségolène Royal au second tour.
Mais, selon François Bayrou, « outre Michel Rocard et Bernard Kouchner, beaucoup d'autres à gauche attendent le 22 avril pour se déclarer ».

La présidentielle 2007 risque d'ouvrir une nouvelle donne parce que la société porte un clivage culturel différent du clivage politique classique et d'emporter ceux qui auront maintenu les barrages contre la "nouvelle vague".
Les Français ont le choix entre deux arrivistes, à droite (Sarkozy), à gauche (Royal) et un candidat porteur d'une vision stratégique pour gouverner (Bayrou). La décision des Français, dimanche, nous donnera le véritable état de la France.


Retour Accueil

 ,  ,