Le décret n° 2007- 534 du 10 avril 2007 autorisant la création de l'installation nucléaire de base dénommée Flamanville 3, comportant un réacteur nucléaire de type EPR, sur le site de Flamanville (Manche), paru le 11 avril au journal officiel, fixe l’ensemble des prescriptions techniques en matière de sûreté nucléaire, de radioprotection et de protection de l’environnement qui devront être respectées dans le cadre de l’exploitation de ce réacteur. Selon le discours officiel, la technologie EPR permettra d’améliorer encore le niveau de sûreté des centrales nucléaires tout en générant moins de déchets radioactifs, tandis qu’elle aidera la France à atteindre ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Le 17 mars dernier, 60.000 Français ont manifesté pour demander l'abandon du projet EPR dans cinq villes de France. Un sondage Louis Harris, de février, pour 20 Minutes/RMC, indique que 78% des Français sont favorables au développement des énergies renouvelables contre 19% qui défendent le maintien du nucléaire. En France, l'énergie nucléaire assure 78% de la production d'électricité contre 16% dans le monde et 32% en Europe.

Si le gouvernement UMP se félicite de cette autorisation, l’EPR est qualifié de "meilleur ennemi de la démocratie" par les Verts, alors que le réseau Sortir du nucléaire, qui rassemble 765 associations, dénonce une publication "à la sauvette du décret de création de l’EPR". A ce titre, il demande à François Bayrou et Ségolène Royal de "prendre l’engagement, en cas de victoire, d’annuler le décret de construction du réacteur nucléaire EPR, et ce au moins le temps que se tienne enfin un débat démocratique sur la question". En outre, l’association demande également à S. Royal de dénoncer les propos du maire PS de Cherbourg, lequel a déclaré qu’un tel débat pourrait être expédié sur "un mois et demi, en plein été".

Même son de cloche du côté de Cap21, le parti de Corinne Lepage qui soutient désormais la candidature de François Bayrou. Selon Eric Delhaye, son porte-parole, « après les décrets relatifs aux OGM, ce décret sur l’EPR reflète une nouvelle fois la conception que le gouvernement se fait de la démocratie et de la participation citoyenne : une conception autoritaire qui devrait appartenir au passé mais encore bien présente, à la solde des clans et des lobbys. »

Mercredi lors d'un déplacement en Mayenne, François Bayrou a jugé "totalement anti-démocratique" le décret de construction du réacteur nucléaire EPR de Flamanville, se déclarant favorable à une suspension de la décision pour avoir "un vrai débat".
"C'est totalement anti-démocratique que 12 jours avant une élection, en douce, en catimini, on prenne des décisions de cette importance, sans que le véritable débat ait eu lieu", a déclaré devant la presse le candidat UDF à la présidentielle.
"Il faudrait suspendre cette décision, de manière à ce qu'on ait un vrai débat", a-t-il ajouté, dénonçant un décret pris "à la va-vite, alors que le gouvernement s'en va".

Dans un communiqué, le Parti socialiste s'étonne de cette publication révélatrice d'"une conception de la politique qui fait fi du débat transparent et ouvert". Il s'engage "à ouvrir un débat transparent et approfondi sur l'avenir de l'EPR au lendemain de l'élection présidentielle, pour définir les orientations de la politique énergétique du pays". "Ce débat devra éclairer, notamment, l'intérêt de la construction dès 2007 de ce nouveau réacteur", précise le PS.

Par contre, aucune demande n’est faite à Nicolas Sarkozy, le réseau Sortir du nucléaire considérant que celui-ci est "clairement aligné sur les exigences de l’industrie nucléaire"…

Greenpeace qui prépare un recours en annulation devant le Conseil d’Etat, dénonce cette décision « irresponsable prise dans la précipitation préélectorale » et appelle l’ensemble des candidats à la présidentielle à réagir en s’engageant à annuler ce décret s’ils sont élus. « Avec ce décret, le gouvernement en fin de course ignore l’opinion de la majorité des citoyens et tente de verrouiller un projet remis en cause par la plupart des candidats à la présidentielle », déclare Frédéric Marillier, chargé de campagne Nucléaire à Greenpeace France.

Pour ses opposants, le coût de l'EPR (3,4 milliards d’euros) va limiter l'investissement dans les énergies renouvelables. Pour la démocratie, promulguer le décret d’autorisation de l’EPR à quelques jours de l’élection présidentielle constitue une faute que les électeurs doivent sanctionner.

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