"Il y a 1.200 ou 1.300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable", poursuit par ailleurs Nicolas Sarkozy. "C'est un propos très grave, ça voudrait dire qu'on n'a aucune chance, que son destin est joué à l'avance. Je ne crois pas qu'il y ait un médecin, un psychiatre en France qui puisse entendre ces propos sans frémir", a déclaré François Bayrou. Pour lui, les propos de Nicolas Sarkozy constituent "un dérapage très lourd de conséquences".

"Ce sont des propos qui ne sont plus des propos humanistes, c'est glaçant". "Dire que les adolescents qui se suicident le font parce qu'ils sont nés comme ça, c'est quelque chose qui nous détournerait de notre travail de prévention, de soins", a-t-il ajouté. "Si on voulait pousser, ce sont des propos comme on n'en a pas tenus en Europe depuis très longtemps", a déclaré le candidat UDF.

"Bien sûr, il appartient à des scientifiques de réagir à ces propos pour le moins surprenants. On a vu d'autres pays remettre en cause les théories de Darwin... Dans ce cas particulier, ce type de propos tend à excuser par avance tous les prédateurs d'enfants", a-t-il estimé. "Je laisse les scientifiques répondre", a pour sa part déclaré Ségolène Royal, interrogée par la presse sur le même sujet.

L'ancien ministre de l'Intérieur avait déjà proposé le dépistage précoce des troubles du comportement dans son projet de loi relatif à la prévention de la délinquance. Mais face aux critiques, il avait dû retirer ces dispositions de son projet de loi en juin 2006.

Portrait de Nicolas Sarkozy par Michel Onfray
Le Monde : Bayrou dénonce le "dérapage" du candidat UMP sur la pédophilie


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