L’avion est le mode de transport en commun le plus polluant. Un voyage en avion, émet en moyenne 70 fois plus de CO2 qu’un trajet en train !
Le transport aérien génère 3,5% des émissions de CO2, sa contribution n’est donc pas encore décisive dans le réchauffement climatique. En revanche, les émissions dues aux vols internationaux devraient progresser dans les années à venir !
En effet, le transport aérien entre l’Europe et les Etats-Unis sera totalement libéré à compter d’avril 2008 ce qui va engendrer une augmentation de 50% du trafic passager.

Selon la commission Européenne « si la quantité d’émissions provenant des vols intérieurs diminue, celle du transport aérien international est en hausse, ce qui nuit à l’efficacité de la lutte de l’UE contre le changement climatique. Cette situation s’explique par le fait que les vols intérieurs sont couverts par le protocole de Kyoto, contrairement aux vols internationaux. Les émissions dues aux vols internationaux dans l’UE ont augmenté de 87 % depuis 1990 : en cause, la baisse du prix des billets d’avion associée à l’absence de prise en compte des coûts environnementaux de ce phénomène. Pour donner un ordre d’idée, une personne effectuant un vol aller-retour Londres New York produit une quantité d’émissions à peu près équivalente à celle générée par une famille européenne moyenne pour chauffer son logement pendant un an. »

Les choix réalisés par la commission européenne et les 27 ministres des états membres sont en complet décalage au regard de l’urgence climatique. Devant l’inertie et la résignation communautaire, il est possible d’agir, en France, sans plus attendre.

La taxation des vols intérieurs est juridiquement possible. Les Pays-Bas ont été jusqu’à présent le seul pays de l’UE à introduire une telle taxe d’un montant de 0,20€ par litre. Au niveau international, l’Inde, le Japon et les États-Unis prélèvent également une taxe sur le kérosène pour les vols intérieurs.

La taxation des vols entre deux états membres l’est également sous réserve que les accords bilatéraux le permettent.

En France, l’exonération de la TIPP des carburéacteurs, instituée en 1928, coûte 1,4 milliards d’euros pour le budget de l’Etat. Les vols intérieurs passagers représentent encore 21% du trafic aérien en France métropolitaine. Rien ne justifie le maintien d’une exonération coûteuse sur le plan budgétaire et dangereuse sur le plan environnemental alors que le TGV constitue une alternative crédible pour les déplacements intérieurs. Ségolène Royal et Dominique Voynet ont d’ailleurs repris l’idée d’une « taxation européenne du kérosène pour les vols intérieurs » dans leurs propositions sur l’environnement.

La répartition du trafic entre l'avion et le train est fonction du temps de parcours. Sur Paris/Lyon, à 2h, le trafic est à 80% ferroviaire. Pour Paris/Marseille, et malgré les 3h de trajet, le trafic ferroviaire oscille entre 60 et 70%. La ligne Paris/ Strasbourg sera exploitée en vitesse commerciale à 320 km/h, le temps de parcours sera réduit à 2h20. A 360km/h, Paris serait à moins de 3h de Toulouse.

Un temps de parcours inférieur à 3 heures donne un avantage concurrentiel au TGV par rapport à l’avion avec un impact environnemental 70 fois plus faible. Si l’on ajoute la simplicité des procédures d’embarquement, la ponctualité, le confort et l’avantage d’une desserte en centre ville le choix écologique coule de source.


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