Les 12 décembre et 26 février derniers, "l'Alliance pour la planète" dressait un premier bilan des programmes respectifs des candidats en matière écologique et environnementale. Devant la faiblesse des résultats obtenus, elle décidait donc d’établir 24 propositions pour les présidentiables. A eux ensuite de faire part de leurs intentions pour les 100 premiers jours du futur gouvernement et de mettre sur pied les objectifs pour les cinq années suivantes.

Trois bons élèves se distinguent parmi les candidats. Dominique Voynet arrive logiquement en tête avec une note de 17,5. Suivent José Bové et Ségolène Royal, tous deux crédités de 16. Enfin, François Bayrou grâce à l’aide de Corinne Lepage dépasse largement la moyenne et obtient 13,5 comme Olivier Besancenot.

Tous les autres, dont Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen, obtiennent une note bien inférieure à la moyenne.

"Les écarts se creusent entre les candidats, notamment autour des quatre moratoires préconisés par l'Alliance, sur les OGM, le projet de réacteur nucléaire EPR, la construction de nouveaux incinérateurs et le développement routier", souligne Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace France.

De fait, l'Alliance se félicite des progrès effectués par plusieurs candidats. François Bayrou compte ainsi parmi les candidats dont le programme s'est le plus amélioré, selon les critères fixés par la coalition d'associations.

D'autres, en revanche, n'ont pas, ou alors pas encore, pris en compte les attentes de "l'Alliance pour la planète". En particulier Nicolas Sarkozy qui demeure le moins bien classé, des candidats éligibles, avec une note de 8,5.

Nicolas Sarkozy, a rencontré samedi Nicolas Hulot et les représentants de l'Alliance pour la planète au Muséum national d’histoire naturelle. Le candidat de l'UMP ne s'est engagé sur "aucun" des moratoires défendus par l'Alliance (sur la culture des OGM, la construction de nouvelles autoroutes, d'incinérateurs et du réacteur EPR), même s'il s'est montré "ouvert" sur celui interdisant les OGM, rapporte Sandrine Mathy, la présidente du réseau Action climat.
Nicolas Sarkozy a en revanche proposé d'organiser "un grand Grenelle de l'environnement en septembre", dont l'ordre du jour serait confié au monde associatif dès la semaine qui suivrait son élection.

Dans les colonnes de Politis, du Monde, de L'Express, de Libération, de Sport... Cette semaine, Nicolas Hulot est partout. L'ex-futur candidat écologiste à la campagne présidentielle entend se rappeler au bon souvenir des prétendants à l'Elysée qui n'ont pas, d'après lui, pris conscience de l'urgence écologique. Il affirme ainsi: "Je n'ai aucune légitimité pour me substituer à la conscience des gens. La démarche du pacte écologique consiste à ne pas se mettre dans une impasse électorale. Le futur président devra être innovant, audacieux et cohérent, et je pense que le pacte obligera à la cohérence écologique bien plus que si nous n'avions rien fait."
La Fondation Nicolas Hulot et l'Alliance pour la planète, qui regroupe 80 associations, organisent dimanche 1er avril une conférence au Zénith, à Paris, "pour que le pacte écologique ne soit pas un poisson d'avril". Ce rassemblement est destiné à "envoyer un signal fort aux candidats".

Dans la foulée, les organisations de défense de l'environnement appellent à une manifestation sur la place du Trocadéro pour récolter de nouvelles signatures du "Pacte écologique".


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