Chômage en baisse, polémique en hausse
Par Pierre Chauveau, samedi 31 mars 2007 à 00:31 :: Emploi :: #423 :: rss
Dans la zone euro, le taux de chômage corrigé des variations saisonnières, s’est élevé à 7,3% en février 2007, contre 7,4% en janvier. Il était de 8,2% en février 2006. Dans l’UE27, le taux de chômage s’est élevé à 7,4% en février 2007, contre 7,5% en janvier. Il était de 8,2% en février 2006.
En février 2007, les taux les plus bas ont été enregistrés au Danemark (3,4%), aux Pays-Bas (3,5%) et en Irlande (4,4%). Les taux de chômage les plus élevés ont été observés en Pologne (11,8%), en Slovaquie (11,0%) et en France (8,8%).
L'office statistique européen Eurostat a revu à la hausse les chiffres du chômage français sur plusieurs mois et estimé à 8,8 % le taux de chômage en février 2007, démentant le chiffre de 8,4 % annoncé par l'Insee et le gouvernement jeudi. Eurostat indique cependant que « les estimations pour la France sont basées sur les résultats de l'enquête sur les forces de travail qui sont provisoires et susceptibles d'être révisés en cours d'année. » Eurostat a ainsi "révisé en hausse de 0,4 à 0,5 point les chiffres du chômage depuis mai 2006" a indiqué le responsable du service de presse d'Eurostat, Philippe Bautier. Il a par ailleurs ajouté, "L'enquête est utilisable", même si elle "présente quelques problèmes structurels" notamment liés à la "méthodologie de l'enquête". Toutefois elle présente "plus de fiabilité" que les chiffres fournis par les "sources administratives", à savoir l'ANPE. La décision d'Eurostat constitue une gifle pour l'Insee et aussi pour le ministre de tutelle de l'Institut national de la statistique et des études économiques, Thierry Breton.
Le seuil des 9 % n'a été franchi qu'en janvier 2007, et non pas en août 2006, comme calculé en février avant la prise en compte des enquêtes sur l'emploi les plus récentes.
Le 16 janvier dernier l'Insee avait annoncé le report à l’automne 2007 de la publication des résultats de l’Enquête emploi de l’année 2006. Habituellement, ces données permettent de rectifier les statistiques du taux de chômage au mois de mars, ce qui ne sera pas possible cette année, ou du moins avant les élections présidentielles.
Jean-Louis Borloo, récemment rallié à Nicolas Sarkozy, balaye d'un revers de main toutes les critiques et table pour la fin de l'année sur un taux de 7,9% et parle de "six quelques chose" dans deux ans !
En revanche, le nombre de Français estimant que ce n'est pas le bon moment pour faire des achats importants a augmenté en mars. Ils sont aussi moins optimistes sur l'évolution du chômage au cours des douze prochains mois…
Sur un an, le chômage est passé de 9,7% à 8,8% dans l'hexagone, ce qui classe la France dans le peloton de queue européen. Un pays comme l'Allemagne, qui a drastiquement durcit les conditions d'indemnisation des chômeurs est passée quant à elle de 8,9% à 7,1% sur un an. Une seule certitude, il y a baisse. Pas assez, mais malgré l'éventuel maquillage, on ne va pas bouder cette amélioration.
L’emploi constitue la première priorité des Français, compte tenu du modeste bilan en la matière, Sarkozy et Borloo préfèrent parler d’insécurité.
RSR : Le chômage divise les candidats en France
La République du Centre : Fausse querelle et vrai débat
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