Dans le détail, les hausses les plus fortes concernent les DOM-TOM, avec des progressions supérieur à10% en Guyane, à Mayotte et en Nouvelle Calédonie. Mais en quantités brutes, ce sont les grands centres urbains qui pèseront le plus lourd dans le scrutin : le corps électoral de Paris progresse en effet de 9.61%. Grande et petite couronnes suivent, avec +8.5% en Seine-Saint-Denis, +7.9 dans les Hauts de Seine et 6.7% dans le Val d’Oise. Les deux autres grands centres urbains progressent également avec +5.9% dans les Bouches du Rhône et +7.1% dans le Rhône.

Pour Paris championne de la métropole, très au-dessus de la moyenne nationale, les arrondissements les plus touchés par cette augmentation sont les IIe (+15,3%), Xe (+14,2%) et XVIIIe (+14%). Dans tous ces quartiers, les maires et les députés sont soit PS (Xe et XVIIIe), soit Verts (IIe, un fief de "bobos"). En revanche, les Ve (+7,3%), XIIe (7,4%), VIIe (7,7%), XVIe (7,8%) et VIe (7,9%), parmi les quartiers les plus cossus de la capitale et orientés à droite, sont en retrait. Le nombre d'inscrits dans la capitale pour l'élection présidentielle progresse de 14% par rapport à 2002 et s'établit à 1.247.238.

Les zones rurales enregistrent des scores plus faibles mais toujours positifs. Le Loiret avec 438.262 inscrits affiche une hausse légèrement inférieure à la moyenne (4,09%) alors que la Creuse (0,3%), le Cantal (0,76%) et la Haute Marne (0,39%) progressent de moins de 1%.

En 2002, 41.194.689 Français étaient inscrits à la veille du premier tour de la présidentielle, marqué par une très forte abstention. C’est donc 3,3 millions de nouveaux électeurs potentiels qui pourront glisser leur bulletin dans l’urne le 22 avril (+8%). Tous les sondages semblent indiquer que la participation au scrutin sera bien plus élevée qu’il y a cinq ans.

Alors, à qui profitera cet afflux d’inscriptions sur les listes électorales ?

François Bayrou a affirmé mardi être "en phase" avec les nouveaux inscrits sur les listes électorales, notamment les jeunes qui veulent "secouer le système". Selon lui, "le PS et l'UMP aujourd'hui en France sont minoritaires. Ce qui est majoritaire est le désir de changement".

D'autres réactions ne devraient pas tarder et gageons que tout le monde va vouloir de disputer ces nouveaux électeurs qui pourraient effectivement bien faire la différence.


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