L'UE fête ses 50 ans sur fond d'incertitudes
Par Pierre Chauveau, lundi 26 mars 2007 à 00:00 :: Débats d'actualité :: #416 :: rss
En 1945, l’Europe sort traumatisée et meurtrie de la seconde guerre mondiale.
La Guerre froide succède à ce conflit dévastateur et une nouvelle période de tensions internationale s’instaure.
Sous l'impulsion de Robert Schuman et Jean Monnet, les pères fondateurs de l'Europe, les ministres des affaires étrangères d'Allemagne, de France, d'Italie ainsi que des trois pays du Benelux : Belgique, Luxembourg et Pays-Bas, se sont réunis le 25 mars 1957 à Rome, pour signer le "traité instituant la Communauté économique européenne" (CEE), plus communément appelé : le Traité de Rome. L'objectif : créer un marché commun et supprimer les barrières douanières entre les pays membres. Ils avaient compris que seule une union entre les pays d’Europe permettrait au vieux continent de recouvrer la paix et son rang sur la scène mondiale.
On peut penser qu’au vu de ces cinquante dernières années, l’idée qu’a insufflé le traité de Rome a permis de répondre aux attentes des européens en terme de sécurité. Cependant, le récent conflit de l’ex Yougoslavie a mis en évidence les faiblesses de l’Europe et la dépendance qu’elle subit notamment vis-à-vis des USA.
Si les célébrations du 50e anniversaire du Traité de Rome ont dominé le sommet de Berlin des 24 et 25 mars, les dirigeants européens attendent de la déclaration clôturant le sommet qu'elle redonne à l'Union l'élan dont elle manque cruellement depuis la panne constitutionnelle, à la suite du refus de la France et des Pays Bas d’approuver, par référendum, le Traité de Constitution européenne
Il est encore temps de redonner une impulsion à l’Europe. Il y a eu l’Europe politique, économique, monétaire, il manque l’idée d’une véritable Europe sociale afin que les français retrouvent la confiance et l’envie de la construction européenne.
Si la paix et la démocratie ne constituent plus des enjeux, puisqu'ils sont considérés comme des acquis, de nouveaux défis la menace : la mondialisation, le terrorisme, le réchauffement climatique, auxquels elle peut et doit apporter une réponse.
L'UE aura pour rôle d'aider les Européens à prospérer dans un environnement mondialisé. Il s'agira, avant tout, de veiller à l'emploi et à la croissance, et d'encourager la compétitivité économique, tout en améliorant la protection sociale. Les investissements réalisés par l'Union dans les technologies de pointe et la recherche scientifique seront déterminants à cet égard.
Angela Merkel a arraché un consensus sur la formulation de la déclaration solennelle. « Nous devons toujours renouveler la forme politique de l'Europe, en phase avec l'époque. C'est pourquoi aujourd'hui, 50 ans après la signature des Traités de Rome, nous sommes unis dans notre objectif de placer l'Union européenne sur une base commune renouvelée avant les élections de 2009 au Parlement européen ». Elle tente de mettre en place un calendrier européen qui permette lors du sommet de juin (après les législatives) d'ouvrir six mois de négociations destinées à élaborer un traité, lequel serait ratifié par tous les Etats membres d'ici 2009. Un objectif ambitieux étant donné l'ampleur des désaccords à surmonter sur ce qu'il faut garder du premier projet de Constitution.
C'est aussi le dernier sommet européen de Jacques Chirac, qui assistera avec ses homologues aux festivités organisées pour le 50e anniversaire des Traités de Rome. Au programme: Neuvième symphonie de Beethoven porte de Brandebourg, là où se dressait jadis le Mur de Berlin, concert de Joe Cocker et toute une "Nuit européenne des clubs" pour danser sur des musiques choisies par des DJ venus des 27 pays de l'UE.
Les candidats à la présidentielle adoptent profil bas vis-à-vis des enjeux européens, en revanche « il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain ». Nous aurions plus à perdre qu’à gagner.
Pour paraphraser Miguel, redonner un sens à l'économie en relançant l'Europe c’est possible, mais avec qui ?
François Bayrou, le plus européen de la bande des quatre, fustige Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal qui se sont lancés "dans une course poursuite à toujours plus de question d'identité nationale", estimant que "la nation" n'était "pas un problème" mais "avait des problèmes".
Pour Ségolène Royal, l’une des raisons du «non» à la Constitution en 2005 était «la crainte de la dissolution de la France dans l’Europe». Elle a donc assimilé la question de la nation à celle de l’Union européenne, jugeant que «les Français seront rassurés s’ils sont convaincus que le chef de l'Etat saura préserver la nation et n’en fera pas un outil de repli sur soi, de nationalisme et de racisme».
Pour Nicolas Sarkozy, il voit dans le pacte de Berlin un «engagement très fort qu'il faudra tenir», estimant qu'il fallait «redonner à la construction européenne un nouvel élan et de nouveaux projets» pour relancer l'Europe.
Fallait-il agiter l’épouvantail du nationalisme, à des fins électorales, le jour du 50ème anniversaire des traités de Rome ?
La perception de l’Europe n’en sort pas grandie comme l’image de la France à l’étranger.
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