En effet, l’indice, dans la mesure où il a pour effet de jauger les résultats d’une politique, oriente, bien évidemment, les choix qui sont faits en fonction de cet indice. Dès lors que le seul indice qui compte est celui du taux de croissance, il ne faut pas s’étonner de ce que nos politiques de Droite comme de Gauche soient obnubilés par ce taux de croissance qui, en réalité, ne représente pas grand chose au regard des véritables aspirations de notre société qui ne sont pas à avoir plus croissance mais plus de pouvoir d’achat, plus d’activités économiques, plus de sécurité, plus de qualité de vie et plus d’environnement. Il est donc indispensable de changer de critères et de chercher des critères alternatifs.

C'est la raison pour laquelle il faut élaborer d'abord à côté du PIB, et j'espère un jour à sa place, l'indicateur de bien-être économique ou le PGI, qui sont des indicateurs qui ajoutent et retranchent au PIB ce qui constitue des améliorations ou des détériorations de la richesse nationale.

Par exemple la destruction des ressources naturelles, la consommation énergétique, la croissance des inégalités, l'augmentation de la délinquance réduisent la richesse nationale et le bien-être collectif. Au contraire, la recherche, l'investissement dans l'éducation, la réduction des inégalités et de la pauvreté représentent des améliorations.

La première démarche à entreprendre est donc celle de nous doter des moyens, de disposer des données nécessaires au calcul de l'indice de bien-être économique, ce qui n'existe pas chez nous, alors que ça existe en Angleterre ou dans les pays du nord de l'Europe. Par exemple, en Angleterre, le PIB a crû de 30 % en vingt ans, et l'indice de bien-être économique a diminué de 3 %. Aux Etats-unis, le PIB a cru de 30 %, l'indice de bien-être économique a augmenté de 3 %. Et en Norvège, le PIB a crû de 20 % et l'indice de bien-être économique de 12 %.

Cela montre que dans les pays de l'Europe du Nord, où les questions environnementales, sociales, sont traitées avec beaucoup d'intérêt. L'indice de bien-être économique croît, ce qui montre l'intérêt d'utiliser ce type de critère.
Reste encore à convaincre François Bayrou, mais rien ne s'y oppose à priori.

Source : Corinne Lepage
Lettre d'Information: Les Indicateurs
Le Monde : "Un indicateur de bien-être économique devrait remplacer le PIB"
Une évaluation de l'Indicateur du Bien-Être Économique dans les pays de l’OCDE


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