En cette période pré-électorale où les candidats potentiels essaient de nous convaincre et de nous séduire, Louis-Jean Calvet et Jean Véronis décident de les prendre au mot et de décortiquer leur parole. Langue de bois, petites phrases, bons mots et lapsus, rumeurs du Web, sont ainsi systématiquement passés au crible de leurs analyses linguistiques et informatiques, dans « Combat pour l’Elysée » édité au Seuil.

Jean Veronis, a développé un outil de veille du traitement des mots de la présidentielle dans la presse et un petit moteur de recherche de terme dans les discours des candidats. Son blog propose des billets d’analyse des mots des candidats présentés sous la forme d’un petit nuage : dette, entreprises, travail, recherche ressortent. Il les compare aux discours programmes de Ségolène Royal à Villepinte et de Nicolas Sarkozy Porte de Versailles.

Le Pen est celui dont les discours possèdent la plus grande richesse lexicale. « Étonnant, pour le candidat que l'on décrit comme le plus populiste », note Jean Véronis. Que Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy font grand usage du verbe vouloir. « L'utilisation de ce verbe est moitié moins fréquente chez Bayrou, six fois moins chez Le Pen », remarque Jean Véronis. Que Nicolas Sarkozy est le champion du « je veux » et qu'Arlette Laguiller est la reine du « il faut ». Jean-Marie Le Pen n'utilise pratiquement jamais « je veux », mais pas beaucoup non plus « il faut », note le linguiste qui suggère que le registre de la contestation doit l'emporter sur celui de la proposition chez le président du FN.

Que Sarkozy après avoir dans un premier temps beaucoup parlé de « délinquance », d'« immigration » et de « sécurité », dans un deuxième temps après son sacre Porte de Versailles il étoffe son propos de « sentiment », d'« émotion » et d'« amitié », il a fait ensuite appel à « l'autorité ». Source : Le Figaro


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