Ses auteurs, deux administrateurs de l'Insee, dont l'un a travaillé au ministère de l'emploi, et un salarié syndicaliste de l'ANPE, ne prétendent pas avoir eu accès à des données nouvelles, mais s'appuient sur les données de l'ANPE pour affirmer que «de fait, une révision du taux de chômage à la hausse de l'ordre de 0,8 point, soit 200.000 à 300.000 demandeurs d'emploi en plus, ne serait pas surprenante». En cause, selon la note: des «sorties» artificielles de certains chômeurs du baromètre officiel et des radiations par l'ANPE en forte hausse.

«C'est dire s'il est important que le juge de paix», en l'occurrence l'Insee, «remplisse sa fonction» en publiant «les résultats de l'enquête Emploi 2006», poursuit la note. L'Insee avait provoqué une controverse en janvier en décidant de publier sa révision des chiffres après les élections et non en mars comme d’habitude.

La nouvelle du report à six mois de leurs conclusions avait été annoncée aux journalistes, au détour d'une phrase noyée dans un communiqué si alambiqué que seul le quotidien « Les Echos » du 18 janvier avait remarqué ce tour de passe-passe.

Selon Le Canard enchaîné du 24 janvier, ce n'est pas à cause de « problèmes statistiques » que l'Insee ne révisera pas le taux de chômage en mars, comme d'habitude, mais en raison de « résultats calamiteux ». Car l'enquête sur l'emploi menée en 2006 révèle un taux à 9,2 %, loin du 8,7 % officiel. Alertés par l'Insee, les ministères de l'Emploi et de l'Economie auraient alors décidé de ne rien publier avant l'automne.

Devant la polémique qui enfle, les ministres de Bercy tentent de donner quelques explications : « Je n'ai aucun pouvoir » sur le calendrier de publication des chiffres de l'Insee ou sur la méthode scientifique de calcul de l'institut de statistiques, a assuré pour sa part Thierry Breton, mardi, ajoutant que «l'Insee ne rend pas de comptes au ministre de l'Economie». Quant à Jean-François Copé, il a jugé « regrettable » mercredi la polémique sur l'absence de publication par l'INSEE de sa note annuelle rectificative des chiffres du chômage pour 2006, en l'attribuant à la campagne présidentielle. « Personne dans cette affaire n'a demandé à ce que de telles initiatives soient prises. C'est de la responsabilité de l'INSEE et de ce seul institut » !

L’institut doit détailler aujourd’hui devant le Conseil national de l'information statistique les motifs de ce report. L'INSEE a pris les devants dans un communiqué diffusé mercredi, et explique cet ajournement par "l'incohérence des résultats de l'enquête emploi 2006 avec les autres sources disponibles sur l'emploi et le chômage", ou encore les "problèmes statistiques relatifs aux biais de rotation et aux fluctuations des taux de réponse".

Difficile de parler du bilan quand on vous cache ce qui préoccupe le plus les citoyens.

En revanche, une chose est sure, la suspicion engendrée par ce retard dans la publication de « l’enquête emploi 2006 » relancera le « tous pourris » qui favorisera le vote extrême... et Bayrou.


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