Pour Yannick Jadot, porte-parole de L'Alliance pour la planète, dans une interview au journal Le Parisien du lundi 26 février, il n'y a pas, sur ce sujet, de clivage gauche-droite : "C'est lié à la sensibilité des individus. Sa bonne note, Royal la doit plus à ses choix personnels qu'à la ligne de son parti, qui était il y a quelques mois plus tiède."

Corinne Lepage se rappelle avoir été humiliée, il y a une décennie, quand les députés ont déchiré le projet de législation environnemental qu’elle leur avait soumis. Elle était alors la ministre de l'Environnement d’Alain Juppé. Cet incident n'a pas tué l'appétit de Corinne Lepage pour la politique, mais les sondages lui laissent peu d’espoir de figurer.
La candidate de Cap 21 à la présidentielle, a présenté mercredi son programme " écolo républicain " qui entend réaliser en France une " révolution douce ". Elle veut "construire une société désirable " sur " trois piliers ": « écologie, démocratie et laïcité ».

Elle considère que « la prise en compte des questions écologiques nécessite de donner des signaux politiques forts, volontaristes, audacieux pour faire de la France le pays de l’excellence environnementale, moteur de l’Europe.

Pour être efficace, un tel projet ne saurait se traduire par un surcroît de contraintes réglementaires ou de prélèvements fiscaux, mais par une réorientation des outils et leviers actuels permettant de faire autrement et mieux.

Si la question de la maîtrise des dépenses courantes de l’État et la recherche de l’équilibre sont prioritaires, le spectre de la dette ne doit pas entraver la volonté d’agir.

Les efforts à porter sur l’éducation, la recherche, l’innovation, la sécurité intérieure et extérieure, la qualité de la vie et le progrès de l’environnement commandent la richesse future et plus encore le rang que la France occupera dans le monde.

Ils doivent être traités prioritairement comme des investissements, non comme des dépenses. Ils nécessitent que nous nous dotions d’outils d’évaluation et de comptabilité publique différents. »

En matière de climat, Corinne Lepage propose un « plan national de réduction des émissions des gaz à effet de serre de 15 % en 5 ans (2007-2012)» et un « plan d'adaptation aux conséquences du changement climatique ".

Elle est favorable à "un moratoire sur les OGM en plein champ ".

Afin de "réconcilier économie et emploi par l'écologie ", Corinne Lepage veut « lancer un New Deal » écologique et "créer en 5 ans 300.000 emplois directs par le développement des Nouvelles technologies environnementales ". Contre les délocalisations, elle suggère de "créer des fonds citoyens territoriaux défiscalisés " pour "soutenir le tissu économique de proximité et permettre le maintien d'activités grâce au rachat des entreprises par ces fonds et par les salariés".

Côté prélèvements obligatoires, elle soutient l'idée d'une « TVA sociale » : « faire payer par l'impôt et non par le travail les dépenses sociales » et propose « d'alléger les charges patronales et salariales de manière à libérer le pouvoir d'achat ».

Concernant l'Union européenne, elle souhaite "encourager l'adoption de la clause du citoyen européen le plus favorisé", et appelle de ses voeux "un tribunal pénal international de l'environnement".

Comme François Bayrou, Corinne Lepage s'en prend aux relations entre les grandes entreprises ou l'État et les médias. "On ne vous voit jamais à la télé", lui fait remarquer un internaute. "J´ai le sentiment d´être légèrement 'blacklistée', et je me demande pourquoi. Est-ce que c´est parce que je me bats contre Total, contre les OGM ? Est-ce que c´est parce que j´ai lancé une pétition pour soutenir le juge Van Ruymbecke? (…) Tout se passe comme si un mot d´ordre avait été lancé", déplore-t-elle.

Comme quoi, disposer d’un programme, somme toute, raisonnable ne suffit pas pour grimper dans les sondages et surtout à le faire entendre.

Sa position au centre de l'échiquier pourrait l'aider à trouver des alliances, mais rien n'est moins sur. Elle se sent, quand même, plus proche de François Bayrou que des autres candidats.

Quant à, Dominique Voynet qui représente la tendance dite modérément « foldingue » chez les Verts, il faudrait qu’elle fasse un effort pour parler plus d'écologie et moins des 35 heures ou des sans papiers. Doit-elle continuer à faire un complexe social qui la rende muette sur l'environnement ?

Son alignement sur la gauche du PS devrait lui permettre de revenir aux manettes si Ségolène Royal est élue.

Alors que l`ancien vice-président Al Gore, devenu star improbable de la soirée des Oscars pour son cri d'alarme contre le réchauffement climatique, fait face à des spéculations croissantes sur une nouvelle tentative de conquérir la Maison Blanche, en France l’environnement ne fait pas encore recette.

La vraie question que chacun pourrait se poser en matière d’écologie : Devra-t-on continuer à se cantonner à de classiques effets d’annonces... jusqu’aux premières vraies catastrophes ?

J'oubliais, il faut voter utile...


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