Avant de présenter les chiffres, sachez que les données sont issues des usages Internet de 100.000 foyers américains, 20.000 foyers français et 20.000 foyers du Royaume Uni, regroupées avec une étude en ligne réalisée auprès de plus de 4.000 internautes de ces pays.

Neuf millions de pirates en France

Selon les chiffres publiés, près de 9 millions d'internautes français seraient des adeptes des réseaux P2P ou ils téléchargeraient films, musique, jeux vidéo et logiciels. Cette population représenterait près de 55% des internautes français, contre 47% aux USA mais 59% au Royaume-Uni.

Du côté de l'offre légale de téléchargement, la France se distingue par un taux très faible de fichiers téléchargés, avec seulement 15%, contre respectivement 20 et 25% pour le Royaume-Uni et les USA.

Selon l’analyse de l'Idate, ceci s'expliquerait par une culture du P2P plus développée en France, et également par un marché de l'offre légale encore réduite. Elle indique que sur les 55% d'internautes "pirates", seulement 21% d'entre eux n'achètent jamais de fichiers légaux, ce qui montre bien que le modèle payant a de l’avenir du moment qu'il est de qualité et non restrictif. Les 79% d'utilisateurs P2P qui utilisent également les plates-formes payantes de téléchargement ne demandent qu'une meilleure offre tant au niveau des prix que de la facilité d'utilisation des musiques achetées (sans DRM...)

Selon l'Idate, la musique en ligne aurait généré près de 99 millions d'euros de chiffre d'affaires en France en 2006, et devrait atteindre 270 millions en 2010, avec près de 45% du total concernant uniquement les offres d'abonnements de type illimité à un prix raisonnable. La FNAC propose un abonnement illimité à 9,99€/mois alors que Yahoo propose un service équivalent, aux USA, pour seulement 4,6€.

Il y a quelques mois, j’attirais l’attention de mes lecteurs en indiquant qu’aucun procédé technologique ne peut enfermer Internet dans une loi protégeant uniquement les ayants droit, sauf à le supprimer. Refuser de s’appuyer sur la seule manière de l’utiliser correctement, à savoir un engagement de tous les acteurs, à partir d’une adhésion volontaire, autour d’objectifs servant une logique du gagnant/gagnant, c’est plus qu’une bêtise : c’est un suicide. Ces réserves étaient partagées par Christine Boutin, pour qui " l’équilibre si fragile entre droit d’auteur et droit du consommateur, mesures techniques de protection et logiciel libre n’est pas atteint". Force est de constater que les faits me donnent raison, il est temps de revenir sur une loi qui ne sera jamais appliquée.

Au fait, parmi les présidentiables, qui a voté contre la DADVSI en 2006 ? François Bayrou, Nicolas Dupont Aignan, Ségolène Royal ont voté contre la DADVSI en 2006.

Communiqué de presse : Le Monitoring du Téléchargement


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