Selon Régis Réguine «quatre captages sur cinq se trouvent aux abords du Loiret et trois influent directement sur ses sources qui représentent 80% de l’eau d’Orléans. Il y a un gaspillage en eau énorme par perte de réseau. Au final, cela porte un préjudice effroyable au Loiret mais pas directement à sa source considérée comme principale, le Bouillon, comme semble le démontrer l’étude d’Antéa. Si on place les piézomètres en aval du camping d’Olivet (contrairement à l’étude d’Antéa), on pourra savoir ce qui se passe. En tant que président de la CLE, je pense que pas une goutte d’eau de plus ne doit être puisée dans le Val, tant que nous n’avons pas la certitude qu’il n’y a pas de conséquences sur le Loiret. Rappelons que le Loiret a perdu 44% de son débit en cinquante ans!»

Du côté de la mairie d’Olivet, on est plus modéré même si l’on tient à préserver l’eau du Loiret. Hughes Saury commente la décision prise par Orléans en rappelant qu’il y a deux contraintes très importantes : « permettre à toutes les villes d’avoir un réseau d’eau potable et préserver le bon état de nos rivières. Ce qu’il faut ce sont des études complémentaires en attendant que les villes du Nord puissent se raccorder aux forages du Nord, c’est le plus logique hydrologiquement. »

Au coeur de cette polémique, Monsieur Dupont, élu en charge de l’environnement de la ville d’Orléans et vice-président de la CLE souligne qu’il est d’« une responsabilité d’élu de fournir une eau de qualité à Saint-Jean-de-la-Ruelle. On va leur fournir l’eau car on a des forages de secours au nord de l’agglomération. Saint-Jean-de-la-Ruelle ne représente que 10% du volume d’eau d’Orléans et répartit sur l’ensemble des captages, cela ne fait que 4% de plus sur les captages du Val. En plus, Orléans n’a pas augmenté sa consommation en eau! Cependant, il ne faut pas oublier que les industriels, les particuliers et les agriculteurs puisent aussi dans la nappe. On est le plus gros propriétaire en surface au niveau du Loiret, je ne vois pas pourquoi on voudrait assécher le Loiret ! Pour ce qui est du choix d’Antea, c’est une entreprise réputée et qui a été sélectionnée par appel d’offres. Certes, on s’est polarisé sur le Bouillon car nous ne connaissons pas bien les autres sources. Cela nous intéresse et nous allons demander une véritable étude.»

A noter aussi qu’Orléans et la Lyonnaise ont signé une charte de réfection des branchements en plomb, ce qui permettra aussi d’augmenter le rendement en améliorant la distribution. Le contrat de concession pour Orléans doit être renouvelé en 2012: «il serait possible de demander à notre concessionnaire de trouver d’autres sources d’approvisionnement ». D’après une étude prospective de la CLE, il suffirait de quatre années consécutives de sécheresse pour mettre en danger la nappe phréatique. Source : La Tribune d’Orléans, le Flop de La Rep

L’origine de cette polémique est liée à l’augmentation du taux de nitrates dans le nord de l’agglomération. Pourtant, le projet de loi sur l'eau et les milieux aquatiques qui vient d’être voté a pour objectifs :

  • de donner les outils à l'administration, aux collectivités territoriales et aux acteurs de l'eau en général, pour reconquérir la qualité des eaux et retrouver une meilleure adéquation entre ressources en eau et besoins, le tout dans une perspective de développement durable des activités économiques utilisatrices d'eau. Et ce, afin d'atteindre à l'horizon 2015 l'objectif de "bon état écologique", fixé par la directive communautaire du 23 octobre 2000.
  • de donner aux collectivités territoriales les moyens d'adapter les services publics d'eau potable et d'assainissement aux nouveaux enjeux en terme de transparence vis à vis des usagers, de solidarité en faveur des plus démunis et d'efficacité environnementale.

L'un des moments forts des travaux a été le débat sur le principe « pollueur payeur », que certains souhaitent voir appliqué de façon plus sévère aux agriculteurs pour l'utilisation des nitrates et des pesticides. En revanche, ce débat ne semble pas avoir atteint les rives du Loiret.

On peut prévoir qu’à l’occasion des prochaines échéances électorales, et en particulier des municipales en 2008, les politiques de l’eau et de l’assainissement, comme celles des déchets, fassent figure de dossiers sensibles, tant pour ce qui concerne le compte rendu de mandat des sortants que pour l’engagement des prétendants à la mandature.

SAGE Loiret : une CLE qui ne verrouille rien
Haltes aux pesticides dans le Loiret !
Gardons et brochets ont déserté les eaux du Loiret


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