Le rôle de ce type d’émission consiste plutôt à valider la stature et le charisme d’un homme politique que le bilan ou le projet d’un parti. Dans cet exercice Jean Marie Le Pen et Nicolas Sarkozy sont bien plus aguerris que leurs adversaires. Le risque de déviation « populiste » est évident. Le manque de temps et la simplification outrancière ne permettent pas d’aborder les problèmes sur le fond. La dette abyssale du pays, le réchauffement climatique, l’éducation ou la vision à moyen terme de la politique de la France sont tombés aux oubliettes de l'audimat.

Les Français subjugués

Selon un sondage OpinionWay, pour Le Figaro et LCI réalisé après l’émission de TF1, le candidat de l’UMP Nicolas Sarkozy a été "convaincant" pour 80% des sondés (96% des sympathisants de droite, 70% des personnes sans préférence partisane, et 60% à gauche). Parmi ces derniers, 68% l'ont trouvé "sympathique" et 64% "proche de leurs préoccupations".

Un participant du panel se confie

Frédérick qui a participé à l’émission raconte qu’"il n’y a pas eu de filtre". "On nous a répété de rester nous-mêmes. Avec tellement d’insistance que j’avais l’impression qu’ils voulaient qu’on passe pour des ploucs. Ils nous ont dit que toutes les questions étaient permises à condition de ne pas être vulgaire." Il conclue en indiquant son "gros doute sur la complicité de TF1 avec Sarkozy… A mon avis, ça sera beaucoup plus difficile pour Ségolène…" Source : Le Midi Libre

Sarkozy divise les éditorialistes

Les avis sont très mitigés sur la prestation de Nicolas Sarkozy dans la presse. La plupart des éditorialistes s’accordent en revanche pour critiquer sévèrement l’exercice en tant que tel qui ne favorise pas, selon eux, le débat démocratique. Jacques Camus n'est pas convaincu : «Nicolas Sarkozy a éprouvé quelques difficultés à se livrer à son habituel numéro de séduction. Il a même frisé la gaffe avec une jeune femme d'origine algérienne». «En vérité, poursuit-il, la liberté de ton des questionneurs a obligé Nicolas Sarkozy à "ramer" et se "gendarmer" à plusieurs reprises. Sûr qu'un tel concept ne garantit pas contre un risque de dérapage. Ce qui fait dire qu'on est plus proche de la télé-réalité que de l'émission politique. Signe des temps!». Source : 20 minutes

François Bayrou accuse

François Bayrou a réclamé mercredi 7 février des "explications" à TF1, se disant "infiniment choqué" d'apprendre que l'émission de débat consacrée à Nicolas Sarkozy lundi soir avait été notamment organisée par A Prime, une société de production appartenant à Dominique Ambiel, ancien conseiller du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.

"Je réfléchis", a-t-il répondu, lors d'un déjeuner avec la presse à Bordeaux, alors qu'on l'interrogeait sur sa propre participation à cette émission prévue le 26 février. Il avait aussi lancé : «c'est en réalité l'UMP qui est aux commandes, presque directement, de ce type d'émissions».

François Bayrou a dénoncé "les réseaux de copains, d'intérêts, de gens liés entre eux par des accords commerciaux". "Je suis infiniment choqué par ce que j'apprends", à savoir "que l'émission est organisée par les amis, les copains, les salariés de l'UMP".

Selon un communiqué d'A Prime Group, les propos de François Bayrou "portent gravement atteinte à l'honneur et à la considération de la société A Prime Group et du diffuseur TF1, et en particulier pour diffamation publique et injures". Interrogé par l'AFP, l'avocat de la société, François Binet, a confirmé qu'il avait été saisi et qu'il réfléchissait à la qualification exacte de l'action en justice "injure publique" ou "diffamation publique", ainsi qu'à la procédure "citation directe" ou "plainte".

Le Canard Enchaîné affirmait, dans son édition de mercredi, que Franck Tapiro, conseiller en communication de Sarkozy, avait assisté, à l’automne dernier, à la première réunion consacrée à la future émission.

Pour François Bayrou "les Français ne sont pas ce que l'on croit". "Ils sont attentifs à la République. Ils ne veulent pas qu'on les manipule".

Il s'est en revanche réjoui d'avoir participé mardi soir à l'émission "Le Grand Journal" de Canal +, qui a battu, selon la chaîne cryptée, un "record absolu" d'audience. "Les patrons sont les Français et les Français veulent le changement", a souligné François Bayrou, qui milite pour la fin du clivage droite gauche. Début janvier, lors de ses voeux à la presse, le président de l'UDF avait transmis un message aux "grandes puissances médiatiques", sans citer nommément TF1 mais multipliant les allusions à la chaîne privée : "Vous n'êtes pas les patrons de la France".

L’erreur technique de TF1 au secours d’une déclaration controversée de Sarkozy

Un passage, n’a pas été diffusé sur le site Internet de TF1 en raison d’une “erreur technique”, a assuré la chaîne, qui dément toute censure. TF1 a précisé travailler au rétablissement de l’intégralité de la vidéo. “On a eu de gros problèmes techniques” qui ont conduit à la perte d’un premier enregistrement, a expliqué à l’Associated Press Pascal Emond, le rédacteur en chef du site tf1.lci.fr. L’enregistrement de secours finalement mis en ligne avait lui coupé “de façon automatique” trois ou quatre minutes d’émission dont le passage en question, mais “on n’a pas fait vraiment attention”, a-t-il expliqué. “On ne fait pas de censure”, a assuré M. Emond notant que ça n’aurait eu “aucun sens” de supprimer un passage cité dans les commentaires de toute la presse. “Ce n’est pas une volonté de notre part”. Source : Novopress

Nous allons certainement bientôt assisté à la Star'Ac de la politique. Soyez prêts à voter en envoyant des SMS à TF1. Avec 8.240.820 téléspectateurs en moyenne, cela devrait couvrir les frais de campagne de tous les candidats !

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