En effet, ce sont 63 % des électeurs qui se déclarent indécis dont 29 % d'électeurs « hésitant encore à fixer » leur choix, et 34 % qui déclarent « une préférence marquée pour un candidat », mais sont encore susceptibles de « changer d'avis ». Reste 37 % de Français sûrs de leur vote. En 2002, à la même époque, déjà 45% des électeurs s’étaient déja forgé une opinion. En revanche, pour le second tour, 62 % des électeurs assurent qu'ils ont déjà arrêté leur décision.

A qui profitent ces hésitations ? Pas plus à Nicolas Sarkozy qu'à Ségolène Royal, indiquent les résultats détaillés du sondage. « Les indécis qui déclarent une préférence se partagent assez équitablement entre les gros candidats », note François Miquet-Marty, directeur des études politiques de LH2. Ce constat ne rassure pas le socialiste François Rebsamen. Pour le codirecteur de campagne de Ségolène Royal, « ce nombre important d'indécis profite à Jean-Marie Le Pen. En 2002, 25 % des électeurs de Le Pen s'étaient décidés pour lui pendant la dernière semaine avant le vote. La situation actuelle prouve donc que le troisième homme resterait Jean-Marie Le Pen », et non François Bayrou, poursuit François Rebsamen. François Miquet-Marty, qui rappelle que, tous partis confondus, « 30 % des électeurs ne se sont décidés qu'une semaine avant le 21 avril 2002 », confirme l'impact du FN dans la dernière ligne droite. « Les gens qui hésitent longtemps ont apporté beaucoup de voix au FN. Il s'agit d'électeurs d'origine modeste, peu intéressés par la politique, qui ne se sentent concernés par la présidentielle qu'à la fin de la campagne. Or de nombreux Français d'origine modeste votent Le Pen. »

« Beaucoup d'électeurs vont se décider d'ici à un mois, pronostique François Rebsamen, car la campagne “proposition contre proposition” va démarrer le 11 février avec la présentation par Ségolène Royal de ses orientations. Aujourd'hui, la “campagne sur la campagne” n'intéresse que les médias, pas les Français. » Sur ce point, François Miquet-Marty n'exonère pas le camp Royal de toute responsabilité : « Cette forte proportion d'indécis est à mettre en partie sur le compte de Ségolène Royal, qui suscite de la perplexité dans son camp. » En une semaine la candidate socialiste a d'ailleurs perdu deux points au premier tour, et un au second tour. Le 11 février changera-t-il la donne ?


Retour Accueil

 ,  ,  ,