Ecologie : erreur de casting
Par Pierre Chauveau, dimanche 4 février 2007 à 05:02 :: Environnement :: #326 :: rss
L'aspiration écologiste est générale dans le pays. La pré campagne de Nicolas Hulot renforce encore cette aspiration, le tribun de TF1 avec son charisme et son savoir-faire médiatique remporte un succès qui pourrait en favoriser bien d'autres.
La droite ne cesse de démentir dans les faits les envolées lyriques alarmistes de Jacques Chirac comme ses promesses, le pouvoir se faisant retoquer ses plans anti-pollution par Bruxelles pour insuffisance ou en supprimant les taxes anti-pollution qui avaient été annoncées par Dominique de Villepin afin de privilégier l'électorat agricole.
La gauche ne dispose pas d'une forte crédibilité en dépit du passé de ministre de l’Environnement de Ségolène Royal, et le projet socialiste reste singulièrement pauvre sur le sujet.
Les Verts, vous savez ceux qui ressemblent à une pastèque : Vert à l'extérieur, Rouge à l'intérieur. Ils ne sont pas plus crédibles politiquement.
Paradoxalement, Voynet peut compter sur le Parti socialiste car elle représente chez les Verts la tendance dite modérément « foldingue » avec qui il est possible de discuter et de passer un accord de gouvernement.
Mais il faudrait tout de même que Voynet fasse un effort, que les Verts parlent plus d'écologie et moins des 35 heures ou des sans papiers, comme s'ils faisaient un complexe social qui les rend muets sur l'écologie.
Corinne Lepage se rappelle avoir été humiliée, il y a une décennie, quand les députés ont déchiré le projet de législation Environnemental qu’elle leur avait soumit. Elle était alors le ministre de l'Environnement d’Alain Juppé. Cet incident n'a pas tué l'appétit de Corinne Lepage pour la politique mais les sondages lui laissent peu d’espoir de figurer. Sa position au centre de l'échiquier devrait l'aider dans ses alliances mais rien n'est moins sur.
Concrètement, d’un coté nous avons les " non candidats " comme Nicolas Hulot, Yann Arthus Bertrand et d’autres qui ont une vision de l’avenir plus proche de la réalité mais effrayante et qui tentent d’obtenir des vrais candidats des engagements pour influer sur l’avenir de la planète tant qu’il en est encore temps.
De l’autre, nous avons des ex ministres et parfois candidats comme Dominique Voynet, Corinne Lepage, Ségolène Royal ou Michel Barnier qui, par leurs intérêts électoraux, en restent à une idéologie traditionnelle immuable sans pouvoir ni vouloir l’adapter à la gravité de la situation.
En 1974, candidat à l'élection présidentielle, René Dumont était considéré par la plupart des citoyens comme un doux dingue. Dommage que personne ne l'ait écouté quand il tirait déjà le signal d’alarme !
« Une croissance indéfinie est impossible, nous n'avons qu'une seule Terre, mais une civilisation du bonheur est possible. Les solutions existent, mais l'opinion les ignore car les structures actuelles et les détenteurs des pouvoirs économique et politique s'y opposent. »
Devra-t-on se cantonner à de classiques effets d’annonces... jusqu aux premières vraies catastrophes ?
Le Figaro : À Bruxelles, la France doit revoir sa copie sur le CO2
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