Pour les Romains c'était l'époque des LUPERCALES fête de la lumière et de la fête lustrale, après les rigueurs et les souillures de l'hiver. Dans notre région, depuis le moyen âge on appelait la Chandeleur la Bonne Dame Crêpière. C'était le jour où l'on apportait à l'église une bougie pour la faire bénir. On allumait cette bougie pendant les orages afin de protéger la maison. C'était aussi le jour où l'on cuisait les crêpes. Ce disque doré rappelle lui aussi le soleil, dont le retour commence enfin à se préciser. Chacun dans la maison devait en retourner une, avec dans la main une pièce, ce qui devait apporter de l'argent toute l’année.

Le jour de la bonne Dame Crêpière, les solognots associent la présentation de la Vierge et la fabrication des crêpes, mêlant le religieux et le païen. La veille du 2 février, on achète les cierges que l'on fait bénir à la messe du lendemain. Conservés précieusement, ils serviront à la veillée des morts ou pendant les orages. Par reconnaissance pour les abeilles qui ont fabriqué la cire, on fait le tour de leurs ruches. La visite aux bâtiments est accompagnée d'une prière et de cette oraison :

Saint Pierre se promène avec saint Jean
Alors saint Jean dit à saint Pierre
Qu'est-ce que çà, mon bon saint Pierre ?
C'est les abeilles, mon bon saint Jean.
Arrêtons-les, car nous faut du miel pour nos malades et des cierges pour nos églises.

On retrouve partout l’habitude de faire sauter la crêpe dans la poêle avec une pièce d'or dans la main, en la lançant sur l'armoire ou en feignant de la faire passer par dessus la souche de la cheminée. Une crêpe est toujours jetée aux poules afin de les faire pondre davantage. Certains témoignages oraux recueillis en Sologne et en Beauce rappellent le souvenir de la fabrication des crêpes en plein air (malgré le temps !) au milieu des champs.


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