De son côté le citoyen est partagé : d'une part, il sent confusément que l'avenir collectif se joue hors de nos frontières et que l'Europe constituera le cadre de référence naturel des prochaines générations. D'autre part, quand on daigne enfin lui demander son avis, il répond qu'il ne s’y reconnaît pas et il rejette le texte adopté par 82% de ses représentants, députés et sénateurs.

La construction européenne s’est fait par transferts de compétences entre les Etats Nation et l'Union Européenne. L’Union intervient dans un nombre croissant de domaines en fonction des compétences que les États membres lui ont déléguées dans les traités successifs :

  • les politiques communes pour lesquelles il y a eu transfert de compétences (politique agricole commune, politique commerciale commune, politique des transports, union économique et monétaire) ;
  • les politiques communautaires avec partage des compétences (politique régionale, politiques sociale et de la santé, recherche et technologie, cohésion économique et sociale, environnement et protection du consommateur, coopération au développement, politiques énergétiques) ;
  • les mesures d’accompagnement des politiques nationales par lesquelles l’Union complète à la marge l’action des États membres (industrie et entreprise, éducation et culture).

Concernant plus particulièrement la santé, l’énergie, la culture et l’éducation, aucune disposition n’était prévue à l’origine dans les traités, l’Union n’ayant pas vocation à se substituer aux responsabilités des États en ces domaines. Toutefois, une coopération et une concertation sont progressivement apparues nécessaires et les programmes communs se sont multipliés. Les directives Européennes sont régulièrement contestées par les citoyens (PAC, DADVSI, OGM, directive Bolkestein…).

Donc, le programme de gouvernement d'un(e) candidat(e) se prétendant crédible doit signaler quels transferts de compétences sont à ses yeux souhaitables, envisageables, inacceptables, etc.

Interrogé par France 24 Romano Prodi, le Président du Conseil italien a déclaré que le candidat "le plus européen" pour l'élection présidentielle de 2007 n'était ni Ségolène Royal, ni Nicolas Sarkozy mais François Bayrou. Le prochain président français devrait "soutenir l'Europe", estimant qu'il ne pouvait y avoir "d'Europe sans la France, et de France sans l'Europe"… "sans une Union forte, nous sommes perdus !"

L'Allemagne, qui assure la présidence européenne, prévient les candidats français à la présidentielle contre tout "dérapage" pouvant nuire à un futur accord sur le projet de Traité constitutionnel. La semaine dernière, Ségolène Royal a avancé l’idée de soumettre à référendum un nouveau traité, alors que Nicolas Sarkozy penche pour un « mini traité », sur lequel les Français ne feraient pas l’objet d’une consultation. « Il serait bon que, dans les pays où des élections doivent avoir lieu, les candidats n’avancent pas des prises de positions définitives », a averti Frank Walter Steinmeier, le ministre allemand des Affaires étrangères, afin de « permettre un compromis plus tard », c’est-à-dire après l’élection.

A constater la discrétion des candidats à l’élection présidentielle sur l’Europe dans la campagne, exception faite de François Bayrou, on peut penser que la France ne redeviendra pas un grand leader européen de sitôt !

L'Union européenne comment ça marche ?


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