François Bayrou a salué mercredi comme "un encouragement" un sondage Ifop où il devance pour la première fois Jean-Marie Le Pen, avec 13% d'intentions de vote au premier tour. "C'est un encouragement, mais vous savez avec quelle réserve je prends les sondages, mêmes quand ils sont très bons comme celui-là", a déclaré M. Bayrou, interrogé par l'AFP lors d'un déplacement dans l'Hérault. "Pour la première fois, on peut additionner de façon crédible des voix de la droite républicaine et de la gauche républicaine, pour changer les choses en France", a-t-il jugé. "Je sais depuis longtemps que la volonté de changement des Français passe beaucoup moins par les extrêmes", a-t-il ajouté. Selon lui, les électeurs "ont compris que voter pour l'extrême droite, c'était en réalité renforcer le pouvoir en place: avec Le Pen au 2e tour en 2002, Chirac a fait 82,5%".

François Bayrou serait-il, comme il aime le dire, en passe d’accéder dans la campagne présidentielle à la position, souvent enviée, de troisième homme ? Troisième homme sur le mode Jacques Chirac en 1995, celui qui l’a finalement emporté contre tous les pronostics ? Ou troisième homme sur le mode Chevénement en 2002 qui, à cent jours de la présidentielle, cotait près de 14 % dans les sondages pour finir à 5,33 % le soir du 21 avril ?

En tout cas, les choses bougent autour de sa candidature. Pourtant, l’espace aujourd’hui disponible au Centre semble plus restreint qu’en 2002. Quand les deux grands candidats de 2007 possèdent chacun une base électorale d’environ 30 % contre 20 % à l’époque. Où sont les réserves d’électeurs qui lui permettraient d’accéder au second tour comme il le prédit désormais ?

À droite ? Il existe des anti-Sarkozy, aujourd’hui contraints au silence, mais en toute logique, ils votent déjà, pour l’essentiel, en faveur de l’UDF.

À gauche ? Le potentiel semble plus important. Le bassin d’électeurs pour le président de l’UDF est réel au point que la rue de Solférino s’en inquiète fortement. En effet, François Bayrou mise sur l’effritement de l’électorat de Ségolène Royal pour parvenir au second tour, mais il faudrait un effondrement…

Tel une bouteille de bon vin, Le Troisième Homme a su mûrir avec l'âge, rendez vous au Parc des expositions pour mieux le déguster.


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