Des femmes qui font toujours plus d'enfants tout en travaillant : encore une exception française, enviée par les pays à la natalité déclinante.

A droite comme à gauche, les politiques familiales ont favorisé le maintien au travail des femmes (école maternelle publique et gratuite dès 2 ans, centres aérés, colonies de vacances subventionnées, cantines scolaires, crèches municipales). Pour permettre aux femmes de travailler tout en ayant des enfants, Nicolas Sarkozy comme Ségolène Royal proposent de créer de nouvelles places de crèche. Le projet socialiste prévoit 200 000 places réservées aux enfants de moins de 2 ans tandis que l'UMP promet 600 000 places pour les moins de 3 ans. Nicolas Sarkozy envisage également de prendre en compte «intégralement» dans le calcul des retraites le temps passé par les mères de famille pour élever leurs enfants.

"La maternelle gratuite est un élément essentiel, les parents savent que cela va être un peu dur au début, mais qu'à deux ou trois ans, tout le monde aura sa place, c'est exceptionnel par rapport à la très grande majorité des pays" selon le démographe Henri Léridon.

En Europe, le modèle de fécondité à la Française pourrait servir d’exemple. Les candidats à l’élection présidentielle l’ont bien compris, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy promettent de créer de nouvelles places dans les crèches. Dans une France où les termes « crise » et « morosité » sont à la mode, ce taux élevé de fécondité laisse à penser que le pays est en bonne santé. L’autre explication est sans doute le retour des valeurs traditionnelles pour palier à cette morosité.

Mais cela risque de ne pas durer, met en garde François Héran. "Le fait d'atteindre deux enfants par femme ne doit pas faire oublier que le solde naturel dont on est très fier actuellement va fondre dans les années qui viennent", compte tenu d'une augmentation prévisible des décès et d'une baisse du nombre des naissances, due à la baisse du nombre de femmes en âge de procréer, prévient encore François Héran. "D'ici quelques années, l'immigration va devenir le premier moteur de la croissance en France", estime-t-il.

"La France conserve sa spécificité par rapport à ses voisins européens : les mouvements migratoires contribuent à un quart de la croissance démographique tandis qu'ils représentent 80% de la croissance de l'ensemble des vingt-cinq pays de l'UE", relève par ailleurs l'Insee.

La population de la France métropolitaine et des départements d’outre-mer est estimée à 63,4 millions de personnes dont 61,538 millions en France métropolitaine. Elle atteint 64,1 millions avec les 710 000 personnes qui habitent dans les collectivités d'outre-mer (Polynésie française, Nouvelle-Calédonie, Mayotte, Saint-Pierre-et-Miquelon et Wallis-et-Futuna).

Au niveau européen, la France se place désormais au deuxième rang des pays les plus peuplés, derrière l'Allemagne (82,4 millions) et devant le Royaume-Uni (60,4 millions) et l'Italie (58,8 millions).

Enfin, il faut aussi rappeler aux Français que la vigueur de la natalité aura une influence bénéfique sur notre système de retraite et plus globalement sur notre économie. On voit d’ailleurs une prise de conscience des jeunes à ce sujet.

Tous les experts tenteront d’apporter des explications rationnelles à ce phénomène positif pour notre pays (l’arrivée de 35 heures, le mythe du French lover …), tous plus ou moins farfelus. En revanche, ce taux élevé de fécondité laisse à penser que le pays est en bonne santé et donc prêt à envisager les réformes structurelles dont il a besoin. Il sera donc impératif que « ça change fort » pour qu’« ensemble tout devienne possible » dans les 100 jours qui suivront l’élection présidentielle, après il sera trop tard.

Insee : Bilan démographique 2006 : un excédent naturel record
Le Figaro : Les Françaises championnes de la fécondité


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