UMP: le sacre de Nicolas Sarkozy
Par Pierre Chauveau, dimanche 14 janvier 2007 à 01:06 :: Débats d'actualité :: #289 :: rss
Pour sa désignation comme candidat, le patron de l'UMP a mis en scène un congrès monumental, porte de Versailles, à Paris.
A 98 jours du premier tour, Nicolas Sarkozy sera intronisé dimanche candidat à l'élection présidentielle par les adhérents de l'UMP. Il ne réunira cependant pas l'ensemble de sa famille politique, puisque le dernier carré des chiraquiens conteste toujours sa candidature. Jacques Chirac lui-même n'enverra aucun message de soutien.
Plus de 50 000 personnes sont attendues là où le président Jacques Chirac avait présenté son programme présidentiel le 17 février 1995. 520 autocars et 8 TGV ont été affrétés pour l'occasion et 23 000 sièges ont été commandés. Au total, le budget de ce congrès atteindrait 3,5 millions d'euros.
Depuis qu’il a pris la présidence du parti en 2004, il y a eu des transformations sensibles à l’UMP. L’arrivée de Nicolas Sarkozy à la tête de l’UMP s’est traduite initialement par un regain d’intérêt et de sympathie des adhérents. En revanche, la part des personnes âgées de soixante-cinq ans et plus est passée de 24 % à 30 % en deux ans, alors que cette population ne représente que 20 % des électeurs. Sur le plan socioprofessionnel, on constate une baisse des cadres supérieurs que le positionnement autoritaire et répressif de Nicolas Sarkozy sur les questions de sécurité et d’immigration repoussent.
Presque plus personne à droite ne semble aujourd’hui penser que Jacques Chirac puisse se représenter. Selon son ancien conseiller à l’Elysée, Frédéric de Saint Sernin, le chef de l’Etat "n’a plus d’espace".
Quant à Dominique de Villepin, il a toujours dit qu’il n’avait "pas d’ambition présidentielle". Il n’en a pas moins exposé vendredi dans la presse un programme de quinquennat, avec des propositions explosives sur les retraites, et annoncé qu’il ne voterait pas pour M. Sarkozy au vote interne. Le ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, qui avait des velléités de se présenter à la présidentielle en dehors du parti, a pour sa part renoncé vendredi soir et apporte désormais son soutien à Nicolas Sarkozy, après un rendez-vous en tête à tête dans l’après-midi avec le président de l’UMP. Elle figure parmi les orateurs du Congrès, au même titre que « le meilleur d’entre nous », Alain Juppé, lui aussi rallié de la dernière heure au sarkozysme.
Si les adversaires déclarés de Nicolas Sarkozy ne sont plus très nombreux, une poignée de députés, dont le président de l’Assemblée Jean-Louis Debré, de très rares ministres, Henri Cuq (Relations avec le Parlement), Christian Jacob (Fonction publique), ils pourraient néanmoins fragiliser sa position dans l’opinion publique. Originaires des différentes tendances fondatrices de l’UMP (gaullistes, libéraux, centristes), ils "travaillent sur des scénarios de défaite en 2007 pour pouvoir peser sur ’l’UMP d’après", ont même affirmé certains d’entre eux. Nicolas Dupont-Aignan, candidat à la présidentielle, quitte l’UMP car il est de plus en plus difficile de s’exprimer en son sein.
Le tout sauf Sarkozy à droite n’a pas encore dit son dernier mot !
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