Si dans l'industrie proprement dite les créations d'emplois devraient rester limitées, les emplois de service vont se développer". Cinq domaines professionnels des services devraient concentrer l'essentiel des créations d'emplois : les services aux particuliers (400.000), la santé et l'action sociale (308.000), les transports et la logistiques (225.000), les métiers administratifs (197.000), le commerce et la vente (194.000).

La progression attendue des postes liés à l'action sociale s'explique notamment par le vieillissement de la population, le maintien d'un fort taux de fécondité et par l'essor du travail féminin. Ainsi, les assistantes maternelles et les aides à domicile seront les métiers les plus demandés avec 211.000 postes à pourvoir d'ici 2015. Pour les mêmes raisons, la France aura besoin d'aides-soignants (149.000) et d'infirmières (78.000) dans les établissements d'hébergement mais aussi à domicile.

Dans le secteur marchand, pour satisfaire les besoins croissants d'expertise, d'études de marché, d'audit, etc., il y aura plus de recrutements d'informaticiens (149.000), de cadres administratifs (131.000) ou encore de cadres commerciaux (97.000).

En revanche, certains métiers devraient continuer leur déclin, dans l'industrie mécanique, l'agriculture et le petit commerce et l'artisanat. Ainsi, d'ici 2015, la France comptera moins d'ouvriers non qualifiés de la mécanique, du textile et du cuir (- 41.000) mais aussi moins de patrons de café, d'hôtel ou de restaurant (-25.000) et de bouchers, charcutiers et boulangers (-14.000).

Les métiers porteurs d’ici 2015

  • Assistants maternels et aides à domicile : + 211.000
  • Aides-soignants + 149.000
  • Informaticiens +149.000
  • Cadres administratifs +131.000
  • Cadres commerciaux +97.000
  • Infirmières +78.000
  • Formateurs recruteurs + 46.000.
  • Cuisiniers : +39.000
  • Enseignants + 13.000

Les métiers à risque d’ici 2015

  • Secrétaires : -84.000
  • Ouvriers non qualifiés de la mécanique, du textile et du cuir : -41.000
  • Agriculteurs : -47.000
  • Maraîchers et jardiniers: -56.000
  • Patrons de café, d'hôtel ou de restaurant: -25.000
  • Bouchers, charcutiers et boulangers : -14.000.

Globalement, l'évolution du marché du travail français va être marquée par une "bipolarisation", avec d'un côté des emplois très qualifiés, et, de l'autre, des emplois peu qualifiés. Selon la présidente du CAS Sophie Boissard, dans un entretien au journal Le Monde : "650.000 nouveaux métiers environ concerneront les cadres et 450.000 des emplois peu qualifiés".

Enfin, Selon le CAS, le nombre de postes disponibles créés (150.000 en moyenne par an) ou libérés par les nouveaux retraités (635.000 en 2015, contre 410.000 par an en moyenne dans les années 1990) sera égal ou légèrement supérieur au nombre de jeunes débutants (730.000 en 2015, contre 760.000 dans les années 2000).

Pour autant, toujours selon l'étude : "il n'y pas de lien mécanique, à moyen ou long terme, entre le volume de la population active et le taux de chômage". Autrement, dit un fort taux de chômage pourrait persister du fait d'une inadéquation entre l'offre et la demande de travail. Les tensions sur le marché du travail devraient en inciter certaines filières «à développer leurs propres politiques de formation et de fidélisation de la main d'œuvre», notamment pour parer au manque attendu de débutants diplômés, estime le CAS. Des efforts devront être faits «pour éviter la fuite des salariés», en particulier pour «améliorer l'attractivité des métiers peu qualifiés».

Concrètement, à court terme, l'arrivée en fin de carrière des générations du baby-boom pourra faciliter la baisse du chômage, mais ces transformations ne seront peut-être pas aussi spectaculaires que ce que l'on pouvait croire il y a encore quelques années.


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