Après la conférence de Nairobi, le protocole de Kyoto semble au point mort, et personne ne paraît se préoccuper du rôle des nouveaux géants économiques et politiques que sont l’Inde et la Chine. En effet, tous les efforts des pays développés seront totalement vains si en même temps les Chinois et les Indiens adoptent nos modèles de développement consuméristes ; nous pourrions réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 20, 30% ou plus, cela ne servirait à rien. Tôt ou tard, il faudra bien aborder l’obstacle de front, mais malheureusement, cela ne semble pas pour demain.

La mode Nicolas Hulot tendrait à s'essouffler, même Nicolas Sarkozy, pourtant l'un des premiers signataires du Pacte écologique, a récemment mis quelques bémols à son engagement. Lors du troisième Forum de l'UMP, il a précisé que l'écologie ne pouvait pas être « la seule priorité, surtout dans un pays où il y a tant de chômage ». Mais peut-être doit-on voir là une stratégie du leader de l'UMP visant à dissuader les électeurs potentiels de Nicolas Hulot.

Le député européen Vert Daniel Cohn-Bendit s'est aussi employé à le décourager : « La candidature de Nicolas Hulot peut être fatale à Nicolas Hulot », a-t-il estimé sur France Inter, jugeant que si l'animateur télé est candidat, il va « se normaliser politiquement ». « A partir du moment où vous êtes candidat, vous devez dire au deuxième tour ce que vous allez faire », et donc choisir entre droite et gauche, a développé Daniel Cohn-Bendit estimant que Nicolas Hulot ne pourrait pas rester au-dessus des clivages partisans : « Ça ne peut pas marcher, à un moment il faudra choisir. »

Les contacts répétés avec les partis politiques, comme les rencontres avec Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, n’ont pas suffi à rassurer Nicolas Hulot. «Il n’y a eu aucune proposition concrète, alors que 433.000 personnes ont signé le pacte écologique. Ce serait dommage de les décevoir. »

Crédité de 9% à 10% d'intentions de vote dans les sondages, Nicolas Hulot se prépare à l'éventualité d'une candidature. Au cas où…. Fin décembre, ses proches ont donc discrètement lancé un appel aux signatures d'élus, «afin de créer les conditions d'un débat essentiel pour notre avenir commun».

Et c'est un succès. «En quinze jours, nous en sommes à 130 signatures. Pas mal pour un candidat non déclaré, alors que certains rament pendant un an», se félicite Gérard Feldzer. Ce proche de Nicolas Hulot, ancien pilote de ligne, a lancé courant décembre une première vague de contacts avec les élus. «J'ai envoyé 10.000 mails, explique-t-il, mais cela n'a pas donné grand-chose. Alors je vais relancer cette semaine, avec 20.000 fax». Un site a même été ouvert à destination des élus, qui peuvent y télécharger un formulaire de parrainage.

L’objectif étant d’assurer une base de soutiens, au cas où il déciderait de se porter candidat. Une hypothèse qui, selon Gérard Feldzer, se précise chaque jour. «On est dans du 50/50, mais il n'a plus du tout peur d'y aller», explique-t-il.

Son Pacte écologique, qui regroupe dix objectifs et fait cinq propositions pour combattre le réchauffement climatique, a reçu l’aval d’un certain nombre de candidats déclarés, dont la photo apparaît en ligne sur son site, ainsi que de personnalités intellectuelles ou people. Nicolas Hulot se donne encore deux semaines avant de se prononcer sur une éventuelle candidature. Cette dernière pourrait modifier la donne politique à quelques semaines des élections.

Ce n'est pas en opposant le chômage à l'écologie que l'on devra se prononcer. En effet, l'écologie peut offrir de nouveaux débouchés et générer de l'emploi à condition de s’y attaquer rapidement, d’autres ont déjà commencé.

Le « je t’aime moi non plus » lancé par les professionnels de la politique ne saurait faire oublier qu’au sein de la société civile il existe des compétences encore inexploitées. Si « on ne change pas une équipe qui gagne », dans le cas de la France il serait temps de faire rentrer un peu de sang neuf pour revenir au niveau qui fut le notre !


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