Pour se rendre à cette propriété, la Marquise devait emprunter la rive gauche de la Loire, suivie par la route de la Poste, et par suite, en venant de Versailles, traverser le fleuve en bac à Orléans et à Blois.

Lorsque arrivant à Orléans en mars 1760, elle vit que le nouveau pont construit par l'Ingénieur Hupeau, venait d'être terminé, elle le franchit donc sans encombre avec ses équipages. Mais c'était sans compter avec l'esprit "guépin" des Orléanais dont ils firent cette épigramme :

Censeurs de notre pont, vous dont l'impertinence
Va jusqu'à la témérité,
Hupeau, par un seul fait, vous réduit au silence
Bien solide est son pont ; ce jour il a porté
Le plus lourd fardeau de France.

La Marquise ayant eu connaissance de ce pamphlet ne voulut plus traverser la Loire à Orléans, et donna l'ordre de construire une route particulière sur la rive droite de la Loire d'Orléans à Ménars. Cette nouvelle voie commencée en 1761 fut achevée en 1770. Contrairement à cette époque, elle ne fut pas pavée, car la Marquise qui souffrait de maux d'estomac, était en outre, affligée d'une déplorable infirmité dont il est question dans le fameux quatrain de Maurepas:

La Marquise a bien des appas,
Ses traits sont fins, ses grâces franches,
Et les fleurs naissent sous ses pas
Mais hélas ! Ce sont des fleurs blanches.

Elle craignait en outre que, les cahots ne fissent tourner la crème qu'elle recevait chaque jour de Ménars par chaise de Poste et qu'elle destinait à celui qui n'était plus que son royal ami.

Cette route ne fut pavée qu'à la fin du XVIII° siècle, par des pavés extraits des carrières de la Chapelle, de la Nivelle et de Fourneaux.

Jack


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