A posteriori, les électeurs du Non de gauche au référendum du 29 mai 2005 s’avèrent nettement plus actifs politiquement sur la toile.

Malgré tout, les résultats de l'étude montrent que seuls 21% des internautes font confiance au web comme principale source d'information sur l'élection présidentielle, loin derrière la télévision (42%), la presse écrite nationale (33%) et la radio (32%). L'influence d'Internet et sa crédibilité en matière politique ne sont donc pas encore assez grandes pour convaincre les internautes. Ce qui ne les empêche pas d'être 64% à manifester leur intérêt pour la campagne présidentielle et à rechercher régulièrement des informations sur l'actualité politique sur Internet (pour 40% d'entre eux, soit en extrapolant 10 à 11 millions d’individus.). « Cet intérêt varie sensiblement d’une catégorie d’internautes à une autre, le capital culturel des individus apparaissant comme le critère le plus discriminant. »

Pour s'informer en ligne sur l'actualité politique, ces internautes privilégient les sites d'information de la presse écrite (63% de réponses) puis les portails d'information généralistes (50%). Plus en retrait, les sites Internet des chaînes de radio ou de télévision recueillent également un score non négligeable (34% chacun).

Moins prisés des internautes, les sites des formations politiques ou des personnalités politiques sont visités par respectivement 20% et 19% des sondés. Enfin, seuls 10% des internautes visitent des blogs politiques : ils y apprécient la liberté de ton et la possibilité de trouver des informations inédites. Ils représentent en extrapolant 2 à 3 millions de lecteurs réguliers ou occasionnels. Ils se retrouvent parmi les jeunes internautes très intéressés par la campagne présidentielle se connectant à Internet plusieurs fois par jour et diplômés de l’enseignement supérieur. La presse régionale réalise le même score et touche les plus de 50 ans.

Selon l'Ifop, Internet est donc encore loin de supplanter les médias traditionnels en matière d'information politique, même si les internautes sont toujours plus nombreux et manifestent, dans l'ensemble, un intérêt marqué pour la campagne présidentielle...

« Toutes les études réalisées depuis l’apparition d’Internet en France et sa progressive diffusion au sein des différentes strates de la population témoignent de la persistance d’une fracture numérique en dépit d’une nette démocratisation de l’accès à ce nouveau médium. Dès lors, si la population internaute âgée de 18 ans et plus en 2006 n’a jamais été aussi proche sociologiquement de la population française dans son ensemble, elle s’en différencie toujours par deux caractéristiques majeures, à savoir une nette surreprésentation des classes d’âge les plus jeunes et des catégories situées en haut de l’échelle sociale. »


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