Le sort de la télévision mobile est intimement lié au projet de loi relatif à la télévision du futur déjà présentée devant le Sénat fin janvier 2006 et qui sera revu les 20 et 21 janvier 2007 à l’Assemblée. La validation de la loi est donc une affaire de temps. L’objectif étant de permettre le lancement des premiers réseaux commerciaux de TV mobile à l’occasion de la Coupe du monde de rugby qui se déroulera en France à partir du 7 septembre 2007.

Un mois après un premier essai de télévision sur mobile réalisé dans le métro parisien sous l’égide de TDF et de la RATP, un second test s’est tenu le 8 décembre dans une rame du métro parisien entre les stations « Assemblée Nationale » et « Concorde ». Si le premier essai a eu lieu de façon statique, le second a été réalisé en mouvement sans que le signal ne soit interrompu. Le signal DVB-H (TNT mobile) émis de la Tour Eiffel est transmis jusqu’au locaux de la RATP puis retransmis dans les stations via le réseau de fibre optique de la Régie. François Loos, ministre délégué à l’Industrie, a donc pu constater de visu que « la télévision sur mobile ça marche ». Le Ministre a affirmé que l’exemple de l’Italie et de la Finlande devait encourager la France « à ne plus attendre pour le lancement de la télévision mobile ». D’autant que « nous avons les technologies, nous avons les entreprises qui les maîtrisent, nous avons le marché potentiel », a-t-il ajouté.

Des expérimentations ont été lancées par les trois opérateurs, Orange, SFR et Bouygues Telecom. Selon les premiers résultats, les clients "testeurs" regardent la télévision sur leur mobile en moyenne une vingtaine de minutes par jour, à leur domicile, dans les transports et au bureau ! Ils veulent retrouver les mêmes programmes que sur la télévision classique. Enfin, près de 70 % d'entre eux ont déclaré être prêts à souscrire à une offre payante, comprise entre 5 et 10 euros par mois. La 3G serait, pour sa part, réservée à la vidéo à la demande.

La part des produits des technologies de l'information et de la communication (TIC) dans le budget des ménages a été multipliée par quatre entre 1960 et 2005. Elle a été tirée par les ventes de micro-ordinateurs à compter de 1995, relayées et accentuées depuis la fin des années 90 par l'explosion du téléphone mobile et d'Internet.

Les français consacrent 112 euros par mois aux TIC, dont la moitié à la téléphonie mobile, dont sont en outre équipés 92% des 15-18 ans, révèle la troisième étude Use-IT de l’IDATE sur l’utilisation des nouvelles technologies par le grand public français, qui diagnostique un passage "d’un scénario d’accumulation des produits, à un service dématérialisé, accessible à tout instant sur différents terminaux."

Malgré les pressions à la baisse des prix, ce budget devrait s’établir à 123 €/mois en 2010. Ceci démontre que les ménages vont continuer à arbitrer leurs dépenses en faveur des TIC. Les parts des services Internet, de la téléphonie mobile et de la télévision payante vont continuer de croître alors les services voix commutée et le budget musique baisseront par la concurrence du gratuit.

Aujourd'hui les Technologies de l'Information sont en train de représenter une part de plus en plus importante dans le budget des ménages (équivalent à un mois de revenu moyen) et se rangent désormais dans la gamme des besoins de base d'un foyer. Cela expliquerait en partie le fait que les français éprouvent la sensation que leur pouvoir d'achat se dégrade malgré les données objectives qui démontrent que celui ci va croissant depuis une vingtaine d'année.

Pourtant force est de constater que souvent ce sont ceux qui ont des moyens modestes qui investissent dans l’achat de " home cinema ", d’abonnement satellite, de consoles de jeux, de services mobile évolués ou autre biens comparables. Les jeunes sont plus particulièrement touchés par ce phénomène et sont souvent amenés à arbitrer entre les besoins fondamentaux (logement, nourriture, santé...) et la technologie.

La promotion, par François Loos, de la TV sur mobile à 10 euros par mois creusera encore davantage la perception de réduction du pouvoir d’achat pour les classes défavorisées. Ce n’était certainement pas une priorité !

Les services audiovisuels diffusés vers les mobiles


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