Le PS engage la guérilla numérique
Par Pierre Chauveau, vendredi 8 décembre 2006 à 02:28 :: Débats d'actualité :: #223 :: rss
En aout dernier, l’UMP se lançait dans une stratégie d’essaimage des blogs pour relier tous les militants UMP branchés sur la Toile. L’investissement en communication, tourné vers le web, serait de 50% du budget total en 2006, soit environ 300 000€ selon Thierry Solère, "conseiller exécutif UMP chargé des blogs". Le PS n’est pas en reste. « Après le stade du site institutionnel, puis celui de la constellation de sites et de blogs, on passe désormais au troisième temps du web politique : être présents sur les sites qui comptent sur Internet, comme DailyMotion, et plus seulement sur nos sites institutionnels. » confirme Vincent Feltesse, secrétaire national du Parti socialiste, chargé des Nouvelles technologies.
Le PS a donc fait le choix campagne plus agressive sur Internet ?
« C’est vrai qu’il y a un côté guérilla numérique, un peu comme dans une campagne électorale classique, mais ce n’est pas le seul aspect de la campagne. Le bilan de nos expérimentations pendant la campagne interne a fait évoluer notre manière d’appréhender d’Internet. On va former nos militants à la net politique, mais aussi à la nétiquette.
Comment se passe l’articulation entre le site du parti socialiste, celui de Ségolène Royal, Désirs d’avenir, et celui des jeunes socialistes ?
Avec le site Désirs d’avenir, nous fonctionnons ensemble tout en restant différents. Au PS, nous sommes plus sur la campagne globale, tandis que Désirs d’Avenir prendra en charge les débats avec les Français souhaités par la candidate. Quant au Mouvement des Jeunes Socialistes, ils sont totalement indépendants, et font leur propre campagne anti-Sarkozy.
Comment jugez-vous la campagne web de vos concurrents de l’UMP ?
S’il y a un an, on était à la traîne sur le web, je dirais qu’aujourd’hui, nous sommes un peu en avance. Nous essayons de nous différencier de leur approche du web, qui est plus commerciale. J’ai été un peu étonné que la candidature de Nicolas Sarkozy ne soit pas immédiatement déclinée sur Internet, mais la campagne ne fait que commencer."
Le site du parti socialiste, en version beta, recrute : « Le Parti socialiste vient d'investir sa candidate à l'élection présidentielle, Ségolène Royal. Nous avons besoin de votre énergie et de la force collective des militants pour parvenir à la victoire en 2007. Aujourd'hui les campagnes ne se font plus seulement sur les estrades mais aussi sur internet. Les affiches ne se collent plus seulement sur les panneaux mais aussi sur les sites web. Les discussions ne se mènent plus seulement dans les cafés mais aussi sur les blogs et forums. » Un formulaire y est consacré à la mobilisation des militants. Chacun peut y trouver son rôle en fonction de ses compétences et du temps qu’il pourra consacrer à la campagne. Ainsi vous pourrez devenir « colleurs d'affiches du web », "tchatcheurs", "pivots", "veilleurs", "bricoleurs", "créateurs", "traceurs" ou même "mondains".
Le site de Ségolène Royal, Désirs d’Avenir, n’est pas oublié. Huit recommandations, illustrent la mission des militants qui sont invités à «aller au contact sur les forums», mais aussi à créer un blog «thématique» pour relayer les idées de la candidate, ou encore à alerter l’équipe de campagne sur tous les «messages hostiles» pouvant circuler sur le web. La consigne est très claire : «être ferme», tout en restant «très pédagogique».
Les jeunes socialistes, prennent en charge l’aspect «agressif» de la campagne, sur le site « Préparons le changement » entièrement dédié à attaquer Nicolas Sarkozy.
«Je m’amuse beaucoup de voir le PS, qui critiquait nos méthodes sur Internet, finir par s’y ranger», explique Thierry Solère, l’un des responsables de la campagne Internet de l’UMP. Source : Le Figaro
Marie-Ségolène Royal fille de Jacques Royal, ancien colonel d'artillerie, ne renie pas ses origines. En effet, elle utilise la stratégie militaire comme référent de sa stratégie politique. Parfois comparées, ces deux démarches ne sont pas identiques et leurs conditions d’application sont telles qu’on ne peut transposer sans précautions l’art militaire à l’univers de la politique.
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