Le petit train de Sologne
Par Jack, mercredi 22 novembre 2006 à 00:28 :: Histoire :: #193 :: rss
Le 30 mars 1890, la commune de Jouy le Potier présente une requête au Conseil Général qui propose la construction d'une ligne de chemin de fer reliant Orléans à Romorantin. En effet, la Sologne n'est traversée que par la ligne Orléans Vierzon alors que le Loiret est assez bien desservi par les moyens de communication ferrés.
Il faudra attendre le 14 mars 1903 pour que la déclaration d'utilité publique des lignes soit proclamée.
La première section du réseau est ouverte le 20 janvier 1905 et " la compagnie des tramways du Loiret " est créée.

L'inauguration de la ligne à Jouy a lieu le 15 Mai 1905.
L'extension du réseau fut arrêtée définitivement lors de la première guerre mondiale (1914-1918).
Le réseau ferré comprenait alors deux lignes principales de 47 et 67 Kms.
Pour traverser la Loire il fallut construire un pont, ce fut le pont de Sologne appelé plus facilement par les orléanais le nouveau pont (il était très joli en pierres et briques) il fut détruit en juin 1940, et a sa place l’on construisit le pont Joffre.
De même pour traverser la sortie du pont Royal l’on fit passer la ligne par un petit tunnel sous la route, pour ne pas couper la circulation et le passage du tram d’Orléans.
En 1932, le réseau a transporté 165.350 voyageurs et 60.398 tonnes de marchandises soit la moitié du trafic de 1910. Cette baisse du trafic due à la concurrence de la route est à l'origine de la fermeture définitive du réseau en 1934.
Le petit tacot
Petit train à vapeur desservant le sud de Loire, il assurait le service voyageur et le transport marchandises. Il assurait notamment le trajet Jouy le Potier / Orléans en 1h14 et effectuait trois allers-retours chaque jour.
Il était très apprécié par les usagers qui l'avaient d'ailleurs surnommé " le petit tacot ".
On parle encore de son allure tranquille, des banquettes en bois, des attentes prolongées aux stations, et aussi des arrêts causés par les obstacles imprévus sur la voie.
Son arrivée dans chaque village était un évènement, un lien entre le bourg et la ville; il apportait le courrier, les colis, les marchandises (céréales, bois, matériaux…).
Les locomotives portaient les noms de " Jeanne, Geneviève, Jargeau ". Elles faisaient le plein d'eau, de bois et de charbon dans chaque gare. L'eau se transformait en vapeur sous l'action de la combustion du charbon et d'ailleurs la soute pouvait contenir jusqu'à 1620 litres.
Pour la traversée du Loiret l’on construisit un pont. En regardant bien cette photo, nous voyons au premier plan un pont métallique, qui n’existe plus maintenant. Celui-ci avait été construit pour permettre le passage sur le Loiret au petit train de Sologne, et au fond, on pouvait apercevoir les moulins Saint Santin.
A la sortie sud de ce pont se trouvait un bâtiment assez important que nous pouvons encore voir, c’était une guinguette (le Pavillon Bleu) très prisée car l’on pouvait y arriver en prenant le train au centre ville et en descendre au pieds de cette guinguette qui comme celles d’Olivet proposait en plus du restaurant, du bal, la location de bateaux, et lorsque nous empruntons la route partant à gauche en sortant du pont Saint Nicolas et en nous dirigeant vers la pierre du Duc, après avoir dépassé cette ancienne gare, nous passons sur une sorte de remblais, c’était l’emplacement de la voie unique qui était à cet endroit légèrement surélevée.
Jack
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