Les blanchisseuses ou lavandières
Par Jack, jeudi 9 novembre 2006 à 00:00 :: Histoire :: #165 :: rss
A Olivet sur les bords du Loiret, même avant le moyen âge l’on pouvait rencontrer des lavandières qui de servaient d’une planche a laver, d’une petite caisse pour s’agenouiller près de l’eau, d’un planche à frotter et d’un battoir.
J’imagine tôt le matin les professionnelles ou les mères de famille poussant devant elles leur brouette contenant la lessive du mois. Il fallait se hâter pour avoir les meilleures places. Le lavoir était un lieu d'échanges et de commérages, où l'on apprenait tout ce qui peut se passer dans le village. La réputation de «commères» était fondée toutefois leur travail étant très dur, cela les excusait.
Pour les femmes, qui ne jouissaient autrefois d'aucun loisir, le lavoir était un lieu de rencontre et de convivialité. Elles lavaient agenouillées sur des caisses de bois garnies de paille ou des sacs de jute, chacune d’elles trempe, savonne, brosse vigoureusement et rince le linge en amont ou l’eau était limpide.
Souvent l’on construisit aussi de petits lavoirs surtout auprès des belles propriétés Isambert, petit bois etc. qui permettaient aux lavandières d’être à l’abri de la pluie et surtout, l’on pouvait y faire bouillir le linge dans une grande casse.
Puis vers 1850 l’on installa un bateau lavoir permettant de s’adapter au niveau d’eau au pied du pont, les femmes nettoient le linge à froid ou à l’aide de réchauds individuels puis le font sécher dans la partie supérieure de l’embarcation.
Alors pourquoi a-t-on soudainement décidé de construire ces bateaux-lavoirs au lieu de laisser les Lavandières travailler à l’extérieur, comme elles le faisaient depuis des siècles ?
Eh bien ce fut pour des questions… de mœurs ! Les Lavandières étaient réputées coquines, attiraient de nombreux badauds, désireux de faire connaissance. Pour enrayer cette prostitution, on créa des endroits où ces femmes purent laver leur linge en toute tranquillité.
Lieu de convivialité, le lavoir était également un lieu de chant ; on y fredonnait quelques airs à la mode et parfois des plus loquaces aux commérages, le tout au rythme des battoirs !
Au début du XXème siècle, le lavoir était non seulement le lieu principal de la vie domestique mais également l'endroit réservé strictement aux femmes (on n'aurait jamais vu un homme laver du linge). Les blanchisseuses lavaient, amidonnaient et repassaient le linge des familles aisées. C'étaient elles qui allaient récupérer puis rapporter chez les particuliers le linge propre dans des paniers ou des grands plateaux qu’elles mettaient sur des brouettes.
Coiffées de leur bonnet, les blanchisseuses souvent relevaient très haut leur jupe et, afin d'avoir les bras libres, n'enfilaient pas les manches de la robe qu'elles attachaient sur le devant au niveau de la poitrine. Ainsi parées, le travail pouvait commencer.
D'abord, elles mouillaient le linge qu'elles déposaient par petits tas à coté d’elles, puis elles savonnaient les différentes pièces avec du savon de Marseille puis elles frottaient. Pour bien faire sortir toute la crasse des vêtements, elles les battaient sur les pierres ou sur le bord du lavoir, elles les tordaient. Tout cela se faisait dans la bonne humeur, les bavardages (car elles étaient plusieurs à se retrouver au bord de la rivière) et les chants pour se donner de l'ardeur au travail.
Elles amidonnaient tout le linge sauf les tricots de corps et les serviettes de toilette.
Le repassage s'effectuait à l'aide de fers qu'elles faisaient chauffer directement sur un feu de charbon de bois. Elles possédaient au moins un jeu de deux fers: un qui chauffait pendant que l'autre était utilisé. Elles jugeaient de la chaleur du fer en l'approchant de leur joue. A l'aide d'un chiffon, elles nettoyaient la semelle avant de l'appliquer sur le linge propre et afin qu'elle glisse sur le tissu, elle le frottait d'un chiffon imprégné de cire de bougie.
Comme pour la lessive, un jour de la semaine était réservé au repassage.
Elles étaient très méticuleuses et prenaient bien garde de ne perdre aucune pièce du linge dont elles avaient la responsabilité.
Il ne faut pas oublier qu’au bord de la Loire à Orléans il y avait pas mal de lavandières.
Entre autre à la cale Saint Laurent nous pouvions en rencontrer. Celles-ci venaient le plus souvent du quartier Madeleine et pour arriver sur le bord du fleuve, elles étaient obligées de passer par-dessus le rempart de la ville, pour ce faire elles utilisaient une échelle (c’est a cause de cela que l’on trouve encore dans le quartier la rue de l’échelle) et pour pouvoir passer par celle-ci elle étaient obligées d’avoir les mains libres, alors elles transportaient leurs linge sur la tête en utilisant la « Coulouère ».
A Orléans il se trouvait aussi un bateau lavoir en bas de la rue de la Tour neuve il existe aussi une rue des lavandières sur la rive gauche.
Jack
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