Le porte-parole de la Maison Blanche Tony Snow a assuré que le président George W. Bush est «en réalité, contrairement aux idées reçues, activement engagé dans la lutte contre le changement climatique et continuera de l'être». L'Australie et les États-Unis sont les seuls pays industrialisés qui ont refusé de ratifier le protocole de Kyoto de 1997 qui fixe des objectifs pour réduire les émissions de gaz à effet de serre considérés comme responsables du réchauffement de la planète.

"Nous sommes heureux de voir que d'autres rejoignent désormais la préoccupation qui a été exprimée par le gouvernement français, par la France, par le président" Jacques Chirac "depuis de nombreuses années", a déclaré mardi le ministre de l'Economie Thierry Breton au sujet du rapport britannique sur le réchauffement climatique.
"Ses conclusions ne sont pas pour surprendre le gouvernement français", a scandé Thierry Breton lors des questions au gouvernement à l'Assemblée.

Jacques Chirac "a été l'un des tout premiers, c'était au sommet de Johannesburg en 2002" à lancer: "notre maison brûle et nous regardons ailleurs", a rappelé Thierry Breton.
Et "nous sommes l'un des tout premiers pays en ce qui concerne la réduction des tonnes de CO2 par habitant, avec moins de 40% d'émissions par rapport à la moyenne des autres pays", a assuré le ministre. Par ailleurs, "la France s'est engagée à diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050".

Le traité de Kyoto, signé à l'origine par 31 pays industrialisés, prévoyait une diminution des gaz à effet de serre de 5% entre 1990 et 2012. Suivant l'ONU, la Grande-Bretagne est un des rares pays à avoir accompli un effort réel, alors que l'ensemble des autres pays concernés, aujourd'hui porté au nombre de 41, échoue spectaculairement en progressant de 2,4% en moyenne rien qu'entre 2000 et 2004.

Augmentation de l'émission des gaz à effet de serre entre 1990 et 2005 les plus mauvais élèves sont:

Espagne : 42 %, Portugal : 37 %, Irlande : 26 %, Grèce : 26 %, Canada : 24 %, Japon : 18 %, États-Unis : 13 %.

En revanche, le rapport Stern aura eu aussi une conséquence inattendue, symbolisant bien la prise de conscience envers ce problème, qui pourrait devenir le plus préoccupant du siècle qui commence. Le successeur prévu de Tony Blair, Gordon Brown, a annoncé que l'ancien Vice-président américain Al Gore, ardent et dynamique défenseur de l'environnement, avait été désigné comme conseiller sur les questions écologiques auprès du gouvernement britannique.

Son action, qui ressemble à une véritable croisade, est née en 1999 lorsque, après l'échec de sa candidature à la Présidence des Etats-Unis, il réalise alors que "le réchauffement climatique est moins une question politique qu'une question morale".

En fait, le but du rapport Stern est de contredire les arguments souvent avancés par les Etats les plus pollueurs de la planète, les Etats-Unis, mais aussi l'Inde et la Chine, selon lesquels la lutte contre le réchauffement pénaliserait leur essor économique.

La parole est donc de plus en plus aux politiques et aux économistes conscients de l'énorme enjeu du dossier. Tel semble le cas en Grande-Bretagne où se dégage un consensus politique droite gauche sur ce sujet.

Les prochaines échéances électorales, en France, devraient nous permettre de juger si comme en Angleterre les candidats aux présidentielles adhèrent et répondent efficacement aux attentes des citoyens sur le difficile sujet de l’environnement.
Jean-Louis Debré affirmait récemment: « toucher l’opinion publique est une chose, convaincre les décideurs en est une autre». Le pouvoir économique, particulièrement inquiet, pourrait amener les politiques à choisir le bon chemin !

Tout cela ne serait rien si d’autres réformes de fond, toujours restées dans l’ombre, ne devaient faire l’objet d’une prise en compte immédiate.
En effet, il faudra, progressivement, réduire de moitié la dette publique, retarder de huit ans l'âge du départ à la retraite, accueillir 500 000 travailleurs étrangers par an, permettre à ceux qui le souhaite de travailler au-delà de 35 heures, doubler les dépenses publiques par étudiant à l'université et décider en conséquence des économies budgétaires à réaliser et des hausses d'impôts nécessaires au financement de ces mutations. Ces réformes peuvent paraître hors d'atteinte.
Pourtant, leurs équivalents sont déjà en route dans tous les autres pays développés. Il n'est pas impossible de les engager en France, à condition de les expliquer clairement, de les mettre en perspective et de les conduire équitablement. Par exemple, le report de l'âge de la retraite, qui paraît si impensable, reviendra en fait à maintenir la durée moyenne de la vie après le travail au niveau où elle était en 1990.

Si la campagne qui commence néglige de parler de ces réformes, elles ne seront pas appliquées pendant les cinq prochaines années; et, avant même la fin du prochain quinquennat, il ne sera plus possible de financer les retraites ni la charge de la dette. Les changements que le président suivant devra mettre en œuvre seront alors infiniment plus lourds.
Il appartient aux électeurs d'exiger des candidats qu'ils parlent de ces sujets, qu'ils reconnaissent publiquement ce que tout le monde sait: les pires des injustices pénalisent les générations futures. Le pays est assez adulte, la situation assez grave, pour qu'il soit politiquement payant de dire la vérité.

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