Les négociations portèrent principalement sur l'édit de janvier 1562 qui donnait la liberté de conscience aux Français et se contentait de séparer matériellement les cultes en les cantonnant, le culte huguenot dans les faubourgs, et le culte catholique à l'intérieur des villes. Condé réclamait le rétablissement de cet édit, Montmorency refusait; la négociation se poursuivit néanmoins; les deux ambassadeurs, libres sur parole, se rendaient près de leurs amis. C'était entre Caubray, l'Isle-aux-Breufs et Orléans un perpétuel va-et-vient. Condé alla en ville, vit sa femme, les ministres huguenots et d'Andelot. Sans s'arrêter aux protestations des ministres et aux objections des soldats, il signa, le 12 mars, la paix de Caubray ou de l'Isle-aux-Breufs, paix qui fut confirmée dix jours plus tard par la publication de l'édit d'Amboise.

Cette paix pouvait rétablir la tranquillité et l'ordre en France. Il était convenu que personne ne serait « contraint pour le fait de sa conscience », que les protestants pourraient exercer leur culte dans une ville par bailliage (Paris excepté) et dans les villes où celui-ci était établi avant les négociations. Les églises seraient rendues au clergé, mais toutes les sentences prononcées depuis Henri II contre les huguenots seraient annulées. Enfin, les soldats étrangers devaient sortir de France. Cette paix comblait les vœux des Orléanais; en revanche, elle exaspéra les soldats huguenots et les gentilshommes miséreux qui comptaient sur les troubles pour vivre; ceux-ci attendaient avec impatience l'arrivée de Coligny qui revenait de Normandie à marches forcées. Condé s'installa à Orléans; il ne put empêcher les huguenots de se précipiter une dernière fois dans les églises et de saccager ce qui n'avait pas encore été touché, mais il fut assez heureux pour calmer Coligny dès son arrivée, pour rétablir une tranquillité relative, et pour faire évacuer Orléans par les troupes étrangères. Ce n'est pas sans difficulté qu'il réussit dans cette dernière partie de sa tâche; les mercenaires allemands voulaient être payés. Le prince obtint 5.000 francs des Orléanais les menaçant de laisser piller la ville et en leur faisant donner un ordre formel par la reine Catherine. Le 28 mars, Théodore de Bèze célébra pour la dernière fois la « Cène » dans la cathédrale; il prêcha, puis le désespoir dans le cœur, il partit pour Genève.

Le 29 mars, l'édit d'Amboise fut lu en grande pompe sur la place du Martroi. Le ler avril au matin, les soldats huguenots passèrent les portes de la ville. Orléans, débarrassé de ces hôtes encombrants, reçut dans l'après-midi la visite de la reine Catherine, qui fit son entrée à cheval entre le prince de Condé et le cardinal de Bourbon. Ainsi finissait la première guerre de religion. La nouvelle Genève retrouvait sa place dans le sein de la vieille monarchie catholique ; les protestants ne devaient plus revenir à Orléans que par surprise et pour quelques semaines, leur principal effort était brisé.

Je pense que beaucoup d’entre nous connaissent cet épisode, mais peut être que certains l’ont oublié. Pourtant il a été le plus important de l’époque des guerres de religion. Ce texte est de Louis d’Illiers, Histoire d’Orléans 1939.

Jack


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