Rapidement, tout le Val, et même le coteau, fut couverts de vignes. De plus, les défrichements permirent un accroissement rapide du vignoble. Une autre action qui permit au vignoble de se développer fut l'affranchissement des paysans par Louis VII le Jeune en 1180, ce qui permit aux vignerons d'acheter et hériter librement. Ce sont eux qui formèrent le grand vignoble Olivetain.

A cette époque, les vignes n'étaient pas plantées comme actuellement, mais en "pouées", qui étaient de petits monticules sur lesquels étaient plantés les ceps retenus par de grands bâtons "échalas, où charniers". Les pieds pouvaient s'étaler en tous sens. Sur les pouées il y avait jusqu'à 4 rangs de ceps qui arrivaient à couvrir plusieurs mètres carrés Les cépages étaient l'Auvernat rouge, le Gascon, ensuite le Cabernet ou Noir dur et le Gamet pour les rouges. Pour les blancs il y avait l'Auvernat blanc, le Meslier et le Mandelineau. Les vins les moins bons étaient destinés à la fabrication du vinaigre.

Au milieu de ces vignes se trouvaient de petits pieds à terre, les "Maisons des vignes "qui, vers le XVII° et XVIII° siècle furent transformés le plus souvent par des notables ou des industriels Orléanais en de grandes demeures confortables. Au XVIII° siècle les vignobles d'Olivet furent les plus peuplés. En effet, l'on comptait environ mille familles, ce qui devait représenter dans les 3.000 habitants. Le XIX° siècle fut le summum de la production de vin à Olivet. L'on y comptait 1136 hectares de vignes, pour une production de 28.400 hectolitres. Ces récoltes furent en surproduction ce qui fit baisser le prix du vin, et les vignerons, pour compenser cette perte de revenu, plantèrent des cerisiers, qui devinrent une spécialité d'Olivet. Chaque vigneron possédait en principe son propre matériel vinicole (pressoir et cuves) et travaillait lui même son vin. Chacun avait son propre tour de main: les uns cherchaient la quantité, d'autres la qualité. D'après leur méthode, les prix de vente de la pièce de 280 pouvait varier, naturellement, comme toujours la qualité payait. A ce sujet Boileau critiquait les vins de la région, jusqu’à dire que bien des cépages du terroir, n’étaient bons qu'à la fabrication du vinaigre, spécialité d'Orléans.

En 1875 le phylloxera fit son apparition dans notre région, pour en arriver à une virulence extrême en 1887. Les rendements devinrent presque nuls, ils passèrent de 20 hl à l'hectare à seulement 2 à 3. Les vignerons qui ne pouvaient plus gagner leur vie, se mirent à vendre leurs terres, à vil prix, pour aller travailler dans l'industrie.

Certains restèrent dans le village, en essayant de moderniser la culture de la vigne: ils remplacèrent la culture en Pouées sur des « échalas où charniers » par une culture en rangées, et en attachant les rameaux sur des fils de fer tendus sur des piquets. Cela permit de labourer les vignes avec des chevaux, qui remplacèrent avantageusement les "bêcheurs" et rendit le coût de l'exploitation des vignes moins onéreuse.

A partir de 1930, les vignerons encore en exploitation pensèrent créer une coopérative qui permettrait d'assurer la vinification en commun, et en même temps de lutter contre la mévente due à la concurrence des vins du midi. En 1933, la coopérative vit enfin le jour, après des débuts difficiles et pour éviter à certains de stocker leur vin en attente d'une hausse des prix, Il fut décidé de vendre toute la production en commun.

La vigne de la région vient d’avoir enfin sa récompense, c’est l’A.O.C.

Jack


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