Dominique de Villepin relance l’apprentissage à Montargis
Par Pierre Chauveau, samedi 30 septembre 2006 à 10:04 :: Emploi :: #119 :: rss
Dominique de Villepin s'est rendu mercredi 27 septembre à Montargis afin de montrer que la formation professionnelle et l'apprentissage "sont des voies de formation d'excellence", selon un communiqué de Matignon.
Accompagné de ses ministres Renaud Dutreil (PME) et Gérard Larcher (Travail et insertion professionnelle des jeunes), le chef du gouvernement a déjeuner à l’école hôtelière du château de Saint Louis, où il rencontra apprentis, formateurs et chefs d'entreprise.
Le Premier ministre a ensuite visité l’entreprise Tork Engineering qui prépare et répare des voitures de compétition, à Amilly, et ce à quelques jours de l'ouverture du Mondial de l'automobile à Paris.
Il s’est rendu enfin au Centre de formation des apprentis de Montargis (filières mécanique automobile, vente, coiffure, couture), avant un point presse et une rencontre avec des élus à l'Hôtel de Ville. Le Premier Ministre en a profité pour réagir à l'annonce du plan de restructuration du groupe Peugeot PSA.
En novembre 2005, après deux semaines de violences urbaines, le gouvernement se décidait à rétablir l’apprentissage à 14 ans. Les conditions dans lesquelles Dominique de Villepin a annoncé cette mesure faisaient craindre que sa mise en œuvre soit vouée à l’échec. Cette initiative aurait dû être prise dans le but de donner aux jeunes une qualification professionnelle, d’adapter les filières de formation aux demandes du marché du travail et de réduire le chômage. Eh bien non ! Le but avoué de Villepin, était d’occuper les jeunes désoeuvrés pour qu’ils n’aient plus le temps de basculer dans la délinquance. On reste confondu devant tant de crédulité. En effet, par son annonce largement relayée par la presse, il a enlevé toute lettre de noblesse à l’apprentissage. Pour les parents, l’apprentissage sera désormais le réceptacle des jeunes désoeuvrés des banlieues et des candidats délinquants.
Balayées, envolées, la grandeur et la beauté des métiers manuels ?
Les députés viennent de valider la mesure, insérée dans le projet de loi pour l’égalité des chances (titre Ier, section 1), publiée au Journal officiel le 2 avril 2006.
Dès 14 ans, l’apprentissage junior initial. Le jeune pourra quitter le collège et intégrer un lycée professionnel ou un centre de formation des apprentis (CFA). En restant sous statut « scolaire », il alternera périodes de cours et stages en entreprise, pour être initié à différents métiers. Sous réserve d’une durée minimale du stage, il aura droit à une « gratification » financière de la part de l’entreprise, dont le montant va être fixé par décret. Mais attention, le choix du jeune de devenir apprenti restera réversible. A tout moment, il pourra s’il le désire réintégrer un collège.
Dès 15 ans, l’apprentissage junior confirmé. Le jeune pourra signer un véritable contrat d’apprentissage et devenir ainsi salarié de l’entreprise. Mais là encore, il pourra revenir dans l’enseignement traditionnel s’il le souhaite.
Après 16 ans, l’apprentissage. Le jeune n’est plus un apprenti « junior ». Il revient dans le système commun de l’apprentissage, tel qu’il existait auparavant.
Avantage fiscal : un crédit d’impôt
Afin d’inciter les entreprises à recourir en masse au contrat d’apprentissage junior, le gouvernement a prévu quelques carottes financières :
- pour l’accueil d’un apprenti junior « initial » : un crédit d’impôt d’un montant de 100 euros par semaine de stage ;
– pour l’accueil d’un apprenti junior « confirmé » : un crédit d’impôt de 2 200 euros par an, au lieu des 1 600 euros accordés pour un apprenti de 16 ans et plus.
Aidé par sa double expérience de maire et de chef d’entreprise, Serge Dassault a mis le doigt sur un problème méconnu : le peu de bonne volonté que mettent beaucoup d’employeurs à embaucher des apprentis. Il propose donc d’y remédier en imposant deux types d’obligation, l’une aux mineurs, l’autre aux patrons. Les premiers étant contraints de suivre une formation jusqu’à 18 ans, et les seconds contraints de la leur fournir. Même la gauche a applaudi. Quant aux ministres et aux responsables des partis politiques, certains auraient paru séduits, eux aussi ? Le Figaro
Source: Déplacement du Premier Ministre à Montargis (Loiret)
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