Expertise scientifique : les Associations enfoncent le clou
Par Pierre Chauveau, jeudi 21 septembre 2006 à 21:31 :: Nouvelles Technologies :: #111 :: rss
A la suite de la saisie de la Commission d'accès aux documents administratifs (CADA) les associations, Priartème et Agir pour l'Environnement, obtiennent la publication du rapport mettant en cause l'expertise de l'AFSSE par le ministère de l'écologie.
Le rapport de l'IGE/IGAS, clair, précis et percutant met parfaitement en lumière les biais méthodologiques relatifs à l'expertise menée au sein de l'AFSSE et plus particulièrement sur la question de la téléphonie mobile.
C'est ainsi que les deux Inspecteurs de l'IGE/IGAS regrettent, à propos de la nomination des experts, « la faiblesse juridique qui a prévalu à leur nomination ». Ils relèvent que « l'examen des Déclarations Publiques d'Intérêt des 10 membres du groupe de travail, fait apparaître la possibilité d'établir : pour un membre, un « lien direct » et pour deux autre membres un « lien indirect » avec un autre opérateur » ce qui est contraire au règlement intérieur en vigueur... Ils concluent « en synthèse, il est apparu que les travaux de l'AFSSE en matière de téléphonie mobile se sont déroulés avec des défaillances relatives à la méthode suivie sur les procédures. ... De ce fait, l'Agence a pris le risque d'hypothéquer le travail des experts par des irrégularités de forme, sur lesquelles pourrait s'arrêter un juge en cas de contentieux. »
Fortes de cette victoire Priartèm et Agir pour l’Environnement écrivent à Nelly OLIN, Ministre de l’Ecologie et du développement durable et réclament "la suspension immédiate en cas d'urgence justifiée, la révocation des fonctions exercées" des scientifiques incriminés et également le retrait des rapports "d'expertise" menés sur la téléphonie mobile décrédibilisés à de multiples reprises et le lancement immédiat d'une nouvelle expertise réellement pluraliste, transparente et contradictoire.
Agir pour l’Environnement, par l'intermédiaire de son Président Etienne Cendrier, écrit pour sa part à l’Association Française des opérateurs mobiles (AFOM) pour lui réclamer de revenir à des normes d’exposition acceptables pour la santé publique.
Le (riirem publie: Téléphones mobiles : des résultats d'études variant selon les financeurs
« Après avoir recensé 59 études, dont 12 financées exclusivement par les industriels du secteur, 11 par des organismes publics ou caritatifs, 14 bénéficiant d'un financement mixte et 22 dont le financement n'est pas connu, les chercheurs constatent que seulement un tiers (4 sur 12) des études financées par les industriels ont trouvé au moins un effet physiologique significatif. La proportion de travaux relevant au moins un effet lié à la santé est beaucoup plus élevé parmi les autres études: 82% (9 sur 11) de celles bénéficiant de fonds publics ou caritatifs, 10 sur 14 pour les financements mixtes, 17 sur 22 aux financements non connus.»
Janine le Calvez (photo), Présidente de Priartèm, répond au "chat" du Monde: Le téléphone mobile nuit-il à la santé ?.
Les demandes des associations, supportées par les anomalies constatées par les deux Inspecteurs de l'IGE/IGAS, sont somme toute raisonnables. La transparence et l’encadrement de l'expertise sont les seuls moyens d'asseoir sa crédibilité. Ce qui constitue un impératif dans les domaines aux lourdes implications économiques comme la téléphonie mobile.
Le Monde: Les antennes de téléphonie divisent la majorité parisienne
Les échos: Mobiles et santé : les experts se contredisent
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