Les bords du Loiret au début du siècle dernier
Par Jack, samedi 26 août 2006 à 23:50 :: Histoire :: #86 :: rss
Voici ce qu’étaient les bords du Loiret au début du siècle dernier ! ! !
Olivet au début XXème siècle , était renommé pour ses guinguettes et son canotage sur la rivière du Loiret.
C’est au XVIIème siècle que ce nom apparaît, il provient de guinguet qui désignait un petit vin sans force et très vert pas très agréable au goût on le disait le vin a faire danser les chèvres .
L’on venait a la guinguette surtout pour passer une journée à la campagne ou les activités sont très variées (danser, manger, jouer ) et profiter de tous les plaisir de l’eau : canotage pêche spectacles nautiques bateaux fleuris .
C’était le lieu de plaisir ou le petit peuple se rendait le samedi soir et le dimanche. La première guinguette qui amenait le samedi soir la plus grande partie des danseurs était l’Eldorado, car il se trouvait près du pont et le tram pouvait amener à la porte de cet établissement. Ce lieu était d’ailleurs surnommé « le pieds qui remue » et c’était le lieu de rendez vous le samedi soir de tout ce que l’on pouvait trouver en ville comme militaires, il y avait des fantassins des cavaliers, des artilleurs etc... et comme gente féminine c’était le rendez vous de toutes les petites bonnes et femmes de chambre des notables orléanais. L’ambiance y était chaude et rare était celles qui restaient sur la banquette. De plus l’armée fournissait comme chaussures que de gros godillots bien cloutés qui ne sont guère fait pour danser, et il faut plaindre le pauvre parquet qui lui a du mal a supporter ce grattage continu des clous acérés et il en résultait de superbes rayures qui obligeaient, toutes les semaines, a changer pas mal de lames de parquet au grand désespoir du propriétaire de la salle.
Dans les jardins de cet établissement, fort agréable pour se reposer un peu des danses et se délasser les jambes, l’on pouvait même y déguster un petit verre, servi par un personnel attentionné. Les danses (valses, polkas, quadrilles) étaient entraînées au son de l’accordéon et d’un orchestre musette.
A la fin du bal, dans la nuit il fallait penser au retour mais contrairement à l’aller qu’ils avaient pu faire par le tram il s’avérait qu’a cette heure tardive il n’y avait plus de moyen de transport et il fallait faire le voyage de retour a pieds.
Par contre le dimanche, la danse amenait toujours ses fidèles, mais d’autres venaient pour aller sur la rivière du Loiret faire du canotage car les guinguettes du bord de l’eau louaient des barques, et aussi se promener a pieds le long de la rivière par le sentier des Près, et pourquoi pas aller déguster une bonne friture ou une délicieuse matelote. Toutes ces guinguettes faisaient aussi restaurant à midi et le soir, et les menus étaient copieux et de bonne qualité. Le plat le plus prisé était la friture, des poissons pêchés dans le Loiret (goujons et ablettes) que l’on mangeait avec des tranches de pain bis beurré et arrosé d’une bonne rasade de petit vin blanc de pays (il ne fallait surtout pas saler cette friture ce qui lui aurait enlevé son bon goût de fraîcheur). Pour ceux qui voulaient faire un bon repas, il y avait évidemment la matelote plat très goûteux qui ravit les papilles. Ne pas oublier non plus la gibelotte qui est un sauté de lapin (qui souvent était servi avec la tête du lapin, pour bien montrer que ce n’était pas le minet du coin que l’on vous servait). Pour arroser ces agapes l’on servait toujours un bon petit vin blanc du terroir ou bien un pichet de vin rouge que l’on appelait le petit bleu a cause des tâches bleues qu’il laissait sur les nappes (suite au trafic des vignerons qui additionnait certains produits dans ce vin pour qu’il soit plus foncé, car ce vin au départ ne titrait qu’environ 9°).
Pour le voyage jusqu'à Olivet on prenait le tram, et souvent a la belle saison celui ci avait une baladeuse (petite remorque arrachée au tram ou les bancs sont à l’air libre) de cette façon on pouvait profiter de tout le parcours, la descente de la rue Royale, la traversée de la Loire, ensuite l’avenue Dauphine bordée par les pépinières qui durant l’été sont pleines de roses en fleurs. Il faut pour aller vers les guinguettes du bord de l’eau soit descendre a l’entrée de la rue du Couasnon, à la station de l’orme grenier, pour nous rendre a pieds directement a celles ci ( Pavillon Bleu , la Closerie des Lilas, Madagascar , le Robinson, le Petit Matelot ) ou l’on peut louer des embarcations et vers l’amont du pont chez Paul Foret qui proposait dans son garage au pied du pont ses barques pour aller par la rivière jusqu'à son établissement ) Il y avait un grand choix pour ces bateaux, qui allait de la simple barque , jusqu’au skiff, aux yoles avec leur sièges a glissières et aux périssoires.
Une autre solution est d’aller jusqu’au bas du pont et là a coté du bateau-lavoir, ou les lavandières avaient leur franc parler, et souvent rouspétaient envers ces touristes, qui souvent venaient déranger leurs brouettes, qu’elles avaient mises sur les lieus de l’embarquement. Des embarcations a moteur vous y attendaient (Quo Vadis, Jean Bart, etc.). Chaque guinguette avait le sien, et a l’embarcadère, c’était presque la guerre pour emmener le chaland sur son bateau et non sur celui de la concurrence. Il y eu même le Quand Même un hydroglisseur qui appartenait a la Closerie des Lilas (une grande nouveauté du début du siècle). Toutes ces guinguettes avaient de belle terrasses, et l’été c’était agréable de s’y asseoir pour déguster soit l’apéritif, ou dans l’après midi un bon sirop rafraîchissant. Il était aussi agréable d’y déguster une bonne friture de petits poissons tout frais péchés dans la rivière. Surtout pour reprendre des forces après avoir tiré sur les rames pendant un long moment. On aimait aussi flâner sur le chemin des près , pour y admirer les moulins et les châteaux du bord de la rivière, les pêcheurs, et aussi toutes ces barques évoluant sur l’eau de la rivière dans une sorte de ballet. Durant la journée du dimanche c’était un beau spectacle du mélange des pioupious avec leurs petites servantes de la noblesse Orléanaise avec les belles dames en élégantes robes longues et jolis chapeaux et se protégeant du soleil par de petites ombrelles et leurs galants en complet veston du dimanche et chapeaux de paille ou casquettes.
Et le soir c’était le retour vers la ville. Certains reprennent le tram, d’autres plus sportifs qui étaient venus en vélo, reprennent leur monture d’acier, tandis que les belles dames avec leur galants font leur retour avec un fiacre dans un claquement des sabots du cheval et des sifflements du fouet du cocher.
Jack
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