Nos politiques saisissent la balle au bon, pour profiter de ce sursaut d'enthousiasme qui nous faisait jusqu'alors cruellement défaut. Relativement discrète jusqu'alors Ségolène Royal, présidentiable socialiste en tête des sondages, était à Berlin pour soutenir l’équipe de France. La présidente de la région Poitou Charentes a suivi le match dans la tribune des supporters.

Jacques Chirac, également présent à Berlin, dans la tribune officielle, avec son homologue italien et Angela Merkel, a invité pour sa part l'équipe de France de football à déjeuner lundi à l'Elysée. Le chef de l'Etat, qui était l'un des premiers à prédire que la France serait en finale, même s'il s'était trompé d'adversaire, avait adressé mercredi ses félicitations "les plus chaleureuses et les plus admiratives" à l'équipe de France après sa victoire contre le Portugal. Il était escorté par le ministre de la Jeunesse et des Sports, Jean-François Lamour.

Tranchant avec l'engouement d'une partie de la classe politique envers les Bleus, les deux présidentiables favoris des sondages, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, s'étaient tenus jusqu'à présent en retrait mais pour des raisons différentes. "La tentation était forte, mais je me dois de rester à mon poste (...) Il faut tout prévoir un soir comme celui-ci", explique Nicolas Sarkozy dans le JDD.
Son entourage dément que le président de l'UMP soit resté discret par crainte d'être mal accueilli par l'équipe de France. En février dernier, Lilian Thuram, avait eu des mots très durs sur la gestion de la crise des banlieues par le ministre de l'Intérieur, lui reprochant d'avoir "mis le feu aux poudres".

Ségolène Royal vante les vertus des Bleus : «Il y a un immense respect entre les joueurs, il n'y a pas de jalousie entre eux. Il y a des talents individuels qui se respectent les uns les autres, mis au service d'une dynamique collective. Chacun est à son poste, ils ne cherchent pas à se piétiner les uns les autres. Tous ces talents individuels sont mis au service d'un jeu collectif. Lorsque la bataille est engagée, tout le monde joue sa partition avec un chef d'équipe

textederemplacementMalheureusement ce match équilibré a été marqué par un très vilain geste de Zidane qui a écopé d'un carton rouge, pour un coup de tête dans la poitrine de Materazzi. Une sortie en forme de tragédie qui ne doit pourtant pas faire oublier le superbe parcours des Bleus.
L’Italie a été sacrée championne du monde 2006 au terme de la séance des tirs au but (1-1, 5 tab 3). L'Italie décroche donc son quatrième titre mondial !
Les Italiens prennent enfin leur revanche sur leurs voisins et vieux ennemis qu'ils n'avaient plus battus depuis le premier tour de la Coupe du monde 1978 en Argentine. Ils effacent l'immense déception de leur défaite en finale de l'Euro 2000 au but en or, dans un match au scénario totalement improbable.

textederemplacementLa bévue de Zidane, quelque soit l'importance de l'enjeu ou la provocation qu'il a subit reste inadmissible. C'est bien dommage de terminer une aussi grande carrière par un geste aussi moche. Zinédine a reçu ce soir son douzième carton rouge tous matches confondus. Son exclusion la plus marquante remontait à octobre 2000 en Ligue des champions avec la Juventus contre Hambourg, lorsqu'il avait déjà porté un coup de tête à l'Allemand Kientz, écopant ainsi de cinq matches de suspension. N'en déplaise à Ségolène Royal le chef d'équipe aura déçu ce soir, même si cette expulsion, certes méritée, ne fera pas oublier ce joueur d’exception.

Bravo encore à l'équipe Italienne et aux bleus, en particulier à ceux qui ont su garder la tête foide.

Entre 2000 et 2006, la France a vécu sur ses certitudes, elle n'a pas véritablement remis en cause les trophées devant lesquels elle continuait de s'extasier alors que la réalité lui renvoyait une image moins flatteuse. L'histoire d'une génération qui a tout gagné s'est achevée dimanche soir et un peu de cynisme inciterait à se dire que c'est la meilleure chose qui pouvait nous arriver. La France va devoir poursuivre son redressement et en ce sens, le parcours réussi en Allemagne devrait sérieusement l'aider, si elle parvient à surmonter la désillusion de cette finale perdue. En revanche, elle ne devra néanmoins pas oublier son formidable passé.
Toute comparaison avec la situation politique et économique de notre pays serait purement fortuite.


Le coup de boule


Zidane s'explique


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