Toutes les bonnes âmes s’entendent là-dessus… jusqu’à ce qu’on passe aux travaux pratiques. Et là ?
« Not In My Backyard ». On ne fait pas d’omelette sans casser d’oeuf. D’accord, sauf si en l’occurrence je suis l’oeuf.

Lors de son intervention sur France 3 Orléans Centre, le 7 octobre 2005, Régis Réguigne concluait le reportage, « les relais de la colère » en ces termes :

« C’est le fameux réflexe not in my backyard, pas dans mon jardin. Mais nous, nous espérons plus fort et dans un avenir proche qu’on nous dise : please in my backyard. Que l’on vienne près de chez moi parce que j’ai besoin de ce service. »

La couverture en téléphonie mobile est défaillante sur le centre ville d’Olivet, depuis octobre 2005 les opérateurs recherchent vainement des sites dans la zone à couvrir. En revanche, les élus soutiennent toujours le projet du Couasnon, techniquement rejeté par les opérateurs. Le maintien contre vent et marées de cette solution implique la construction d’un nouveau pylône au Clos de Brunette dans le quartier de Caubray. Ce non sens au plan du cadre de vie et au plan économique ne serait-il pas fondé sur le Not In My Backyard. En effet, lorsque les opérateurs proposent le clocher de l’Eglise Saint Martin, les élus refusent en bloc. Il est vrai que cette solution, cohérente sur le plan de l’environnement, est proche du domicile du premier magistrat de la ville ! Not In My Backyard

Les communes devraient consacrer 20% de leur parc immobilier au logement social, mais bon nombre d’entre elles préfèrent payer des amendes plutôt que de respecter la loi. Not In My Backyard. Comment se fait-il que la justice n’hésite pas à mettre un Maire en examen si un enfant se blesse sur un stade ou un équipement municipal ? Et que la même justice n’engage que des contraventions, payées par le budget municipal, pour un Maire qui ne respecte pas la Loi de la République alors qu’il en est le premier magistrat ? Comment se fait-il qu’il n’y ait aucune injonction ?

Parce qu’implicitement nous (les instances officielles et nous les électeurs) lui reconnaissons un droit au « Not In My Backyard ».

De nombreux mouvements citoyens se sont développés ces dernières années pour s'opposer à des projets d'infrastructures autoroutières. Ils sont souvent méprisés par les décideurs qui ne voient dans leur existence que la manifestation d'un phénomène baptisé sous l'acronyme anglais de NIMBY. Mais quand l’Agglo d’Orléans abandonne le 23 mai dernier, l’échangeur de Saint Pryvé voté en 1999 à l’unanimité. C’est aussi du Not In My Backyard. L’opposition municipale d’Olivet réagit vivement à la décision prise par l’Agglo "cette autoroute est déjà utilisée par les habitants pour la traversée nord-sud, ceci n’étant pas sans créer, sur la N271 au sud d’Olivet des nuisances importantes. Le conseil municipal d’Olivet du 19 mai a délibéré sur son plan local d’urbanisme (PLU). Nous aurions aimé que le débat aborde franchement le sujet du débouché de la rocade sud ouest de l’agglomération. L’exécutif municipal semble avoir pris en catimini une position. Nous considérons que mener notre réflexion sur le PLU, sans articuler les voies à l’ouest de la commune, le boulevard et une rocade, est garante de difficultés à venir. La protection du site du Loiret qui devrait supporter un autre pont, l’incohérence des voies de circulation à l’ouest d’Olivet justifient notre position. "

Et si, en premier lieu, nos souffrions d’un déficit de communication entre les élus et les citoyens ? Pourtant me direz vous, depuis son arrivée à la mairie la nouvelle équipe municipale a mis en place des Conseils de Quartier. Oui bien sur, mais en s’y penchant d’un peu plus près leur représentativité reste discutable. Ces conseils sont formés de trois collèges :

• Les élus (deux représentants de la majorité et un de l’opposition)

• Le collège des particuliers (élection par tirage au sort de quatre citoyens)

• Le collège des associations (quatre associations nommées par la mairie)

C’est sur ce dernier point que le bas blesse, en effet sans remettre en cause l’objectivité de la mairie, seule décisionnaire en la matière, il est très rare de nommer des opposants quand on a le choix, de faire autrement. D’autre part, seulement un quart de ces réunions sont ouvertes au public. La consultation sur le projet d’installation des pylônes supportant des antennes relais de téléphonie mobile c’est déroulée à huit clos. En ce qui me concerne, je trouve l’expression « démocratie participative » un peu galvaudée pour la ville d’Olivet.

Il y a d’un côté une volonté d’aller vers les citoyens, dont les élus sont les représentants, mais de l'autre, une grande crainte de ne plus maîtriser la situation, et une inconnue face à la méthode. C’est plus simple de serrer des mains au club de boules que d’initier le débat au sein d’un quartier ou d’une ville. À des questions complexes, on choisit des réponses de principe, parce qu’elles sont consensuelles.

A Toulouse et à Paris, Jean Luc Moudenc (UMP) et Bertrand Delanoe (PS) sont deux exemples de maires qui n’hésitent pas à affronter, au cours de réunions régulières de comités de quartiers, les associations et les citoyens. Ces réunions sont parfois houleuses, mais elles montrent qu’un élu peut garder le contact et accepte le débat. Des exemples à suivre, à droite comme à gauche, pour réconcilier démocratie participative et démocratie représentative.


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