La prévision de déficit de la branche vieillesse est relevée de 800 millions, à 2,2 milliards d'euros.

En revanche, l'assurance-maladie, avec un déficit attendu à 6,3 milliards d'euros, poursuit son redressement engagé en 2005 avec la mise en œuvre de la réforme d'août 2004.

La réduction du déficit de la branche maladie serait ainsi de l'ordre de cinq milliards d'euros en deux ans. Les déficits du régime général de 2004 et 2005, à respectivement 11,9 milliards et 11,6 milliards d'euros, étaient les plus élevés jamais atteints. "Les résultats de 2005 et 2006 montrent que le régime général n'est pas sur la trajectoire de rééquilibrage rapide puis de constitution d'excédents", écrit cependant la Commission.

Le succès des départs à la retraite avant 60 ans de salariés ayant commencé à travailler jeunes, mesure prévue par la réforme Fillon de 2003, a notamment coûté plus cher que prévu à Caisse nationale d'assurance-vieillesse (Cnav). "Il est normal que la branche vieillesse soit en déficit, sous l'effet du départ à la retraite de la classe d'âge de la première année du baby-boom, et du succès des départs à la retraite des salariés ayant commencé à travailler tôt", souligne Danièle Karniewicz, présidente (CFE-CGC) de la Cnav.

Réduction "fragile" du déficit général

Seule cette évolution vertueuse "permettrait de compenser les déficits accumulés et prévisibles dans ses trois branches au-delà de la dernière reprise de dette prévue pour l'assurance-maladie à la fin de 2006", ajoute-t-elle.

Selon la réforme de l'assurance-maladie d'août 2004, la Cades (caisse de remboursement de la dette sociale) pourra reprendre au maximum 6,7 milliards d'euros de dette de la branche maladie en 2006.

La Commission relève en outre que la réduction du déficit du régime général prévue cette année est "fragile".

Elle intègre une recette exceptionnelle de deux milliards d'euros tirée de la modification des modalités de taxation des plans d'épargne logement, "dont la plus grande partie sera perçue une fois pour toutes en 2006 et ne se retrouvera pas dans les comptes des années suivantes".

La reprise progressive de la croissance de la masse salariale du secteur privé, sur laquelle repose principalement ses recettes, permet au régime général de retrouver "progressivement un contexte plus favorable à son financement", indique la Commission.

En 2006, à la faveur d'un regain de l'activité économique et de la baisse du chômage, la croissance de la masse salariale se rapprocherait de sa tendance de longue période, estimée autour de 4%, après 2,9% en 2004 et 3,4% en 2005.

Au milieu de toutes ces mauvaises nouvelles, un point positif : "Pour la première fois depuis 2002, l'hypothèse retenue dans la loi de financement – une augmentation de 3,7 % de la masse salariale du secteur privé, déterminant principal pour le niveau des recettes – ne devrait pas être révisée à la baisse", d'où "un contexte plus favorable" au financement du régime général, se félicite la CCSS.

Ce constat alarmiste n'entame pas l'optimisme de Jacques Chirac. Devant le congrès de la Mutualité française, à Lyon, le président a assuré que "l'objectif de retour à l'équilibre fin 2007" de l'assurance maladie "sera tenu", si "nous restons fermement mobilisés". En déplacement à Poissy dans les Yvelines, le Premier ministre, Dominique de Villepin, a cependant estimé que "nous continuons à progresser dans la voie d'un équilibre" et appelé à "continuer l'effort là où on peut faire des économies". Plus prudent, le ministre de la Santé Xavier Bertrand précisait hier dans un entretien au Quotidien du médecin que son "intention était de parvenir à un déficit de la branche maladie inférieur à 4 milliards d'euros fin 2007".

Yves Clément commente cette nouvelle sur son blog et conclue "c’est la branche vieillesse qui dérape le plus en pourcentage, et on sait que la démographie ne sera pas une aide à la correction. Le fonds de réserve des retraites créé sous le gouvernement Jospin de 1999 ne sera pas non plus d’un grand secours, au rythme où il est doté."

Il est toujours étonnant de constater que devant une mauvaise nouvelle, les sortants sont toujours les plus optimistes.


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