A Orléans, beaucoup ne comprennent pas, qu’ils habitent le quartier ou qu’ils y travaillent. La municipalité cherche à stigmatiser «le 1 % de familles qui pose problème. » Jean-Pierre Sueur, habitant du quartier s'interroge «Si l'on parle d'une quantité aussi négligeable de personnes à problèmes, pourquoi prendre un tel arrêté ? Ce couvre-feu constitue une surenchère ultra sécuritaire qui ne contribue pas à redorer le blason de la Source.» Un avis que partagent les habitants, avec ces mesures qui braquent les jeunes contre les policiers. Ce qu'il faudrait, c'est militer pour l'emploi et occuper les plus jeunes, au lieu de les montrer du doigt.

Pour justifier cet arrêté, les élus avancent un autre argument : «L'accélération du chantier du grand projet de ville (GPV) à la Source dérange une poignée de délinquants.» Une hypothèse que réfute Michel Ricoud, président de la Confédération nationale du logement : «Lorsque l'on augmente les loyers, que l'on enchaîne démolitions sur reconstructions, il ne faut pas s'étonner de certaines réactions. Quant aux vrais délinquants, ils sont trop heureux que l'on oublie leur quartier. Ce n'est pas leur intérêt d'attirer médias et policiers.» Une logique qui semble échapper aux élus orléanais.
Et à la Source, chacun se rappelle les circonstances de leur dernière visite : «Ils sont venus nous voir comme au zoo, dans un bus protégé, des fois que nous, les animaux, ne les agressions !» raconte un habitant.
La municipalité s'est déjà illustrée, entre autres, avec le premier arrêté instituant un couvre-feu pour mineurs de moins de 13 ans, pris dès juin 2001. En revanche, les résultats continuent à se faire attendre, en avril 2006 l'implication des mineurs dans les délits reste au dessus de la moyenne nationale.

Source : Libération


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